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	<title>Piret-Magazine n°060 &#8211; Piret-Magazine</title>
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	<description>Un site de la famille Piret-Meurs</description>
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		<title>Un récit à propos de Nicolas Neuwels</title>
		<link>https://www.meurs.be/2006/01/19/54/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[alisce]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Jan 2006 00:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Piret-Magazine n°060]]></category>
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					<description><![CDATA[Nicolas Neuwels, « enfant de la patrie » J’ai toujours entendu parler de mon arrière-grand-mère Joséphine Neuwels et de ses deux sœurs Adèle et Elise. Elles étaient très liées, et ma grand-mère Marie Mainil aimait bien sa cousine Joséphine Detant, fille d’Adèle, et son cousin Jules Courtain, fils d’Elise. Joséphine<a class="moretag" href="https://www.meurs.be/2006/01/19/54/"> Lire la suite&#8230;</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><H1><U>Nicolas Neuwels, « enfant de la patrie »</U></H1><br />
<P align="justify">J’ai toujours entendu parler de mon arrière-grand-mère Joséphine Neuwels et de ses deux sœurs Adèle et Elise. Elles étaient très liées, et ma grand-mère Marie Mainil aimait bien sa cousine Joséphine Detant, fille d’Adèle, et son cousin Jules Courtain, fils d’Elise. Joséphine avait une santé fragile, et on la ménageait. Elle a beaucoup souffert de la mort de son fils François, qu’elle chouchoutait, et qui a été tué à la fin de la guerre 14-18 dans une des dernières offensives. </p>
<p><P align="justify">Ma grand-mère connaissait mal son grand-père Neuwels. Lorsqu’en 1940, son fils Paul a été fait prisonnier, et qu’on ses rendu compte que les flamands étaient libérés, elle a voulu faire passer son fils pour un flamand, et a préparé des lettres dans lesquelles elle demandait au Bourgmestre de Baulers de certifier que son ancêtre était venu de Flandre. Mais elle croyait qu’il s’appelait François, au lieu de Louis. Ce fut pour moi une première surprise de découvrir un autre prénom que celui que j’attendais. </p>
<p><P align="justify">Ma surprise fut encore plus grande en remontant au père de Louis, Nicolas. Je cherchais à Baulers, où je n’ai trouvé d’abord que son acte de décès, sur lequel était écrit : « fils de la patrie ». Je n’ai pas tout de suite compris de quoi il s’agissait, jusqu’à ce que je retrouve l’acte de mariage, qui précise : « exposé à Bruxelles le 28ème jour de septembre 1777 ». Bruxelles me paraissait vaste, avec plusieurs paroisses. Est-ce que je trouverais quelque chose ? Cela valait-il la peine de chercher ? J’avais abandonné la piste. </p>
<p><H2>Enfant des Marolles&#8230; ?</H2><br />
<P align="justify">Et puis, je suis tombé sur un article : « Enfant trouvé, ancêtre perdu ? » d’Hervé Douxchamps, qui m’a mis sur une autre piste : un grand nombre de ces enfants provenaient des quartiers pauvres de Bruxelles, les Marolles et la rue Haute. Ils étaient baptisés à la Paroisse de la Chapelle. C’est dans le registre de cette paroisse que j’ai trouvé l’acte de baptême, succinct : « septembre 1777, 28 : Nicolaus Nuwels, filius expositius. Suscepit et attulit Maria Magdalena Catalan. » Ces enfants étaient confiés à des nourrices, comme cette Marie Madeleine Catalan, qui est la marraine (suscepit) et qui le prend en charge (attulit). Pour sa peine, elle recevait une compensation en argent fort bien venue. C’était l’Assistance publique de l’époque. Bien des jeunes mères n’avaient que cet expédient : nourrir un second marmot, pour augmenter leurs chances de survivre.</p>
<p><P align="justify">Quand on parcourt les registres bruxellois de cette année, on constate que les enfants trouvés se comptent par centaines. C’est un phénomène quotidien. Et les choses ne feront qu’amplifier avec les troubles de la Révolution française, les guerres napoléoniennes, les changements de régimes. Ainsi, pour une ville comme Namur et ses environs, on en trouve 694 pour l’an 1811 et 1000 rien que pour l’année 1822 !</p>
<p><P align="justify">C’est surtout à la ville que ces abandons ont lieu, mais on y vient aussi des campagnes, pour la discrétion, mais aussi parce que là, au moins, on est assuré qu’ils trouveront asile dans un établissement adéquat. Des hospices recueillaient ces enfants et il était même prévu un dispositif facilitant l’opération incognito : les tours, ou guichets à tambour. S’ouvrant d’un côté sur la rue, on pouvait y déposer le nouveau-né et le faire passer à l’intérieur en le faisant pivoter. Cette déplorable mais indispensable machine à abandonner les enfants a été abolie vers la fin du XIXème siècle, mais je me souvenais d’en avoir entendu parler durant mon école primaire. Notez que, il y a un an ou deux, les journaux parlaient de la restauration de ce système dans des villes allemandes, signe d’un retour en arrière.</p>
<p><P align="justify">Les enfants trouvés et abandonnés ont inspiré la littérature, particulièrement la littérature enfantine ! Mais je savais déjà qu’Oliver Twist et les héros d’Hector Malot dans « sans famille » étaient des petits veinards, malgré les péripéties plus tristes les unes que les autres, à côté de notre Nicolas qui n’a jamais retrouvé ses parents, même pauvres… L’histoire réelle de ces milliers d’enfants abandonnés a été généralement moins drôle. Pas de happy end spectaculaire, mais la lutte de tous les jours, la débrouillardise, pour se faire une petite place au soleil. Le sort de beaucoup de garçons était d’être enrôlés de force dans la marine, au moment de l’adolescence, et de devenir de la chair à canon. </p>
<p><P align="justify">En effet, les raisons de leur abandon peuvent se résumer par un mot : misère. Une misère noire qui contraint de nombreuses mères à cette extrémité : abandonner à la charité publique l’enfant qu’elles ont mis au monde et qu’elles ne peuvent plus nourrir !</p>
<p><P align="justify">Dans la plupart des cas, ces mères gardent pourtant l’espoir d’un jour meilleur où elles pourront venir réclamer l’enfant et subvenir à son éducation. C’est dans cet espoir qu’elles accrochent à ses haillons un signe distinctif : un billet, un médaillon, un colifichet caractéristique, la moitié d’une image pieuse ou d’une carte à jouer. Pourquoi la moitié ? Tout simplement pour pouvoir, le jour venu, présenter à l’établissement l’autre moitié du carton et prouver ainsi que l’on est bien la mère de l’enfant. </p>
<p><H2>A la recherche d’un signe distinctif</H2><br />
<P align="justify">Dès lors, l’administration prend soin de décrire les vêtements et les signes susceptibles de permettre la reconnaissance. Ils classent les objets et les conservent dans des cartons année par année. Que les registres de procès verbaux soient conservés ne surprendra personne. Mais que les cartons en question subsistent eux aussi, en tout cas pour la ville de Bruxelles, voilà qui surprenait et m’incitait à une recherche ultérieure. </p>
<p><P align="justify">Justement, je venais d’entrer en relation épistolaire avec une cousine du côté Meurs, retrouvée au fil des recherches et qui, pour me remercier de mes envois (photos reproduites) me propose ses services. Or, elle travaille au CPAS de Bruxelles. Elle pourrait rapidement obtenir la collaboration de la section archives. Et elle s’est passionnée au jeu. </p>
<p><P align="justify">Neuwels : rien ! Nuwels : rien non plus ! L’archiviste lui conseille alors de regarder à Nicolas, puique le nom a du être inventé. Elle est tombée au folio 177 sur l’article 202, rédigé en flamand : “ <em>Nicolaus nuwels 4/d 27 7br 1777 gevonden t’avonts ten 10 uren ontrent den savel hadde een roode satijne muts een bogyn met een cantien aen een hemde een blauwt slaeplyff twee witte doeck joddenen twee wulle lappen alles seer slecht is op den 28 do (dito) te Capelle keersten gedaen woont bij Nicolaus Anssens tot rode teghens Alsembergh</em>”. </p>
<p><P align="justify">Traduction : “ Nicolas Nuwels, trouvé le 27 septembre 1777 le soir à 10 heures, aux alentours du Sablon. Il avait sur lui un bonnet de satin rouge, une chemise avec dentelle, un petit pyjama bleu, deux carrés de drap blanc, deux chiffons en laine, le tout très usé. Il a été baptisé le 28 courant à l’église de la Chapelle, et il habite chez Nicolas Anssens à Rode, près d’Alsemberg ”.</p>
<p><P align="justify">Hélas, les vêtements en question n’ont pas été gardés dans les fameux cartons.</p>
<p><P align="justify">Voilà, c’était tout, et c’était peu. Mais ce n’est pas rien ! Il restait encore au moins une question, celle du nom. </p>
<p><H2>Maintenant, Nicolas est bien</H2><br />
<P align="justify">Pour le prénom, on peut supposer qu’il lui vient de ce Nicolas Anssens qui l’a recueilli, mais curieusement, on ne trouve pas le nom du parrain sur l’acte de baptême. </p>
<p><P align="justify">En ce qui concerne le patronyme, il n’est pas repris dans le « Dictionnaire des noms de famille en Belgique Romane » de Jules Herbillon et Jean Germain publié au Crédit Communal en 1996. Pourquoi cet « oubli » ?</p>
<p><P align="justify">Ma cousine, avec les employés, se sont penchés sur la question. Quand l’administration se charge de donner un nom, on peut s’attendre à tout ! C’est le délire total, et les malheureux gosses se voient affubler des patronymes et des prénoms les plus farfelus qui les marqueront toute leur vie s’ils n’ont pas l’occasion d’en changer. En Italie, il y a de nombreux « Esposito », nom qui traduit tout simplement « exposé », stigmatisant ainsi l’événement de l’exposition de ces enfants à l’attention de la charité publique. Pour trouver un nom, on se réfère bien sûr au lieu et aux circonstances de leur découverte : Dujardin, Delarue, Dutour, ou Pinson, comme le héros de « Tout seul » d’Emilie Carpentier, découvert sous le nid d’un pinson. Il y a aussi les types physiques : Legros, Courtecuisses. Les prénoms s’inspirent de l’histoire, de la Bible ou de l’actualité : Cléopâtre, Thucydide, Jonas, Napoléon, Liberté, Fraternité. Enfin, on puise dans le calendrier le nom du saint du jour où a eu lieu la trouvaille : Denis, Louis, etc., pour en faire un patronyme. </p>
<p><P align="justify">Pour notre Nicolas, les employés ont pensé spontanément à « nu wel », deux mots flamands qui signifient : « maintenant bien ». Nicolas est bien, maintenant. Un peu comme Moïse qui veut dire « sauvé des eaux » ! Certaines graphies anciennes vont dans ce sens : « Nuwelle »… C’est l’apparition du « s » final qui fait difficulté. </p>
<p><P align="justify">L’hypothèse ne manque pas de logique. Et-ce trop simple ? Quoiqu’il en soit, on aime penser que le pauvre Nicolas recueilli se trouvait maintenant bien ! Le répertoire du CPAS comporte une colonne « décès », et ceux-ci sont nombreux. Les enfants souffrent de malnutrition et de toutes sortes de maladies dues au manque d’hygiène. Beaucoup y succombent. Mais Nicolas, lui, a décidé de vivre. </p>
<p><H2>Domestique de ferme</H2><br />
<P align="justify">Qu’est-il devenu ? Un décret de Napoléon, de 1811, ne fait probablement que légaliser des pratiques courantes. Les enfants reçoivent une layette et sont confiés à une nourrice, à une famille, chez qui ils restent jusqu’à l’âge de 6 ans. C’est le cas de Nicolas, confié à Nicolas Anssens de Rhode-St-Genèse, à qui devait être versé une pension. </p>
<p><P align="justify">A 6 ans, tous les enfants sont, autant que faire se peut, pris en pension chez des cultivateurs ou des artisans. Le prix des pensions décroît chaque année jusqu’à l’âge de 12 ans, époque à laquelle les enfants mâles en état de servir sont mis à la disposition du ministre de la Marine. </p>
<p><P align="justify">Quant à nous, nous retrouvons Nicolas Neuwels à l’âge de trente ans, au moment de son mariage avec Marie-Joseph Delporte, native de Virginal, servante à Nivelles. Il est domestique de ferme, domicilié à Tubize, comme indiqué sur l’acte civil dressé à Nivelles le 15 avril 1807. Il sera toute sa vie « journalier », louant ses bras dans les fermes à Baulers, qui peut être considéré comme le berceau de Neuwels. </p>
<p><P align="justify">Et tous les Neuwels du monde sont les descendants de Nicolas !</p>
<p><P align="right">Jean-François Meurs</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’eau et le vélo : la famille Meurs à Ephata</title>
		<link>https://www.meurs.be/2006/01/17/53/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[alisce]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Jan 2006 00:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Piret-Magazine n°060]]></category>
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					<description><![CDATA[L&#8217;eau et le v&#233;lo Notre camp vélo Ephata 14/16 2004 s’est déroulé en Bretagne, à Coat an Doc’h, sur le site de l’école d’horticulture et du lycée Don Bosco. Ce n’était plus, comme tous les deux ans, le trajet d’un pèlerinage, avec sa spiritualité du départ et d’un but à<a class="moretag" href="https://www.meurs.be/2006/01/17/53/"> Lire la suite&#8230;</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><H1><U>L&rsquo;eau et le v&eacute;lo</U></H1></p>
<p><P align="justify"><B>Notre camp vélo Ephata 14/16 2004 s’est déroulé en Bretagne, à Coat an Doc’h, sur le site de l’école d’horticulture et du lycée Don Bosco. Ce n’était plus, comme tous les deux ans, le trajet d’un pèlerinage, avec sa spiritualité du départ et d’un but à atteindre, étape par étape, à force de déménager, mais un tour, à l’instar du Tro Breiz, le tour de Bretagne, qui inscrit un espace sacré à l’intérieur d’un cercle ou trèfle protecteur. Les cyclistes étaient invités à explorer leur espace intérieur, en faisant le tour d’eux-mêmes, et à créer un paysage intérieur, celui du groupe.</B></P><BR><BR></p>
<p><a href="https://www.meurs.be/images/publiques/CoatAnDoch1.jpg"><img decoding="async" src="https://www.meurs.be/images/publiques/SmallCoatAnDoch1.jpg"></a><br />
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<a href="https://www.meurs.be/images/publiques/CoatAnDoch7.jpg"><img decoding="async" src="https://www.meurs.be/images/publiques/SmallCoatAnDoch7.jpg"></a></p>
<p><BR><br />
<P align="justify">Chaque jour, les 40 garçons et filles, encadrés par une douzaine d’adultes, partaient en petites équipes, alternant une visite à la côte avec une exploration de l’intérieur du pays. L’Armor et l’Argoat, le pays de l’eau et le pays de la terre avec sa forêt. Ces deux éléments mis particulièrement en valeur, mais aussi le vent et le feu, faisaient partie du thème de l’année. </P><br />
<P align="justify">Chaque journée visait un but particulier : se dépasser, se mettre au service, faire attention aux plus petits, soigner la qualité des relations entre garçons et filles, développer sa créativité, goûter au silence, faire attention à la beauté de la nature, découvrir Dieu et l’évangile dans tout cela. </P><br />
<H2>Jour après jour</H2><br />
<P align="justify">Dès le premier jour, il y eut une petite escapade à la mer, jusqu’à la plage des Godelins, à Etables sur Mer. Sous la pluie… Mais les jeunes ont pu traverser à pieds un bras de mer pour rejoindre un banc de sable étalé paresseusement dans l’eau. La journée du lendemain demandait de l’endurance : 117 kilomètres, à travers les villages fleuris, pour aller contempler des étendues de gros rochers sur lesquels la mer vient se fracasser, un paysage fantastique. Un magnifique soleil a plombé la route, et beaucoup ont regretté de ne pouvoir flâner plus longtemps comme des otaries sur les blocs de granit. Mais l’objectif était de prendre la mesure de ses limites physiques, et de les dépasser ensemble, pour souder l’équipe. </P><br />
<P align="justify">L’étape suivant nous a conduits vers la forêt de Ganahuel. La pluie nous a coincés sous un abri de terrain de foot au moment du pique-nique. Nous étions là entassés, dévorant nos sandwiches quand un homme est venu nous proposer d’ouvrir les toilettes et nous offrir l’accès à une salle en terre battue qui sert pour les fêtes locales. C’était comme un clin d’œil de Don Bosco : nous avons pu y faire le programme prévu, les carrefours et discussions. Au moment de repartir, le temps s’était levé. </P><br />
<P align="justify">La journée dite « sans repères » a permis de vérifier la force du groupe, pareille au courant d’une rivière bien canalisée entre ses deux rives. En l’absence des animateurs, les jeunes se sont organisés pour le petit déjeuner et pour inventer en carrefour un jeu nouveau, avec ses objectifs et ses règles. Redécouvrir la valeur des lois préparait l’après-midi libre dans les rues de Guingamp. Les jeunes y ont réalisé un « micro-trottoir », invitant les personnes à dire ce qu’il entendent lorsqu’ils souhaitent des repères pour les jeunes. Puis, ils ont flâné, certains se mêlant aux danses bretonnes exécutées sur la place. </P><br />
<P align="justify">Le 5ème jour, le vent nous a poussés jusqu’à la plage de galets de Plouha. Après la baignade, les jeunes ont eu le temps d’escalader la falaise pour découvrir un ensemble de criques et d’îlots léchés par l’étendue bleue. Ce jour là, chacun pouvait poser aux autres des questions à partir de ses préoccupations, ses bonheurs, son expérience de la vie. Y répondait celui qui le souhaitait. Une façon de sentir que chacun est un galet poli par le groupe qui vous tourne et retourne comme les vagues et la marée. </P><br />
<P align="justify">Le 6ème jour, Ephata se reposa. Grasse matinée, visite guidée de l’école d’horticulture, avec le Père Jean-Claude, qui nous a bien fait sentir que nous étions du même esprit, dans une école de Don Bosco. Après-midi : lessive. Et puis, davantage de temps à la chapelle pour réfléchir, écrire des petits messages, se pénétrer de l’esprit de service. Le soir, les jeunes nous avaient concocté un remarquable programme de magie, d’acrobaties, de sketches et de chants</P><br />
<H2>Eucharistie face à la mer</H2><br />
<P align="justify">Le 7ème jour nous a fait vivre le passage. Partis le matin jusqu’à Binic, avec le carrefour de la semaine écoulée, nous avons laissé les vélos pour marcher ensemble durant trois heures. A la chapelle St Gilles, nous avons pris nos sandwiches et fait une petite sieste, avant de reprendre la marche par d’étroits sentiers de terre qui s’enfoncent dans les bois et les champs. Nous avons célébré face à la mer et son vaste horizon : l’eucharistie, c’est toujours une ouverture de notre petit horizon en vivant la communion avec les chrétiens qui célèbrent partout dans l’univers, et en ouvrant nos pensées et nos cœurs à l’horizon de Dieu. Là, les nouveaux carrefours ont été constitués, et c’est avec une autre équipe que chacun a fait le chemin du retour. </P><br />
<P align="justify">Nous avons médité le psaume de la Création en sillonnant les routes bordées d’énormes hortensias, de hautes haies vertes, de petits bois vigoureux, avec des croix de granit aux sculptures naïves à chaque carrefour. Suivis de la rassurante camionnette rouge de Farnières, pilotée par notre mécanicien magicien (avec un grand vélo, il en fait un petit !). Parfois, pour patienter, en attendant que le dérailleur ne déraille plus, on augmente le son de la musique et on se met à danser comme des fous. Et ce n’est pas une ondée impertinente qui nous retient ; les fou-rires découragent les gros nuages. Au bord du lac de Quintin, chaque carrefour a peint un paysage rassemblant les impressions de voyage, ballots de paille, menhirs, maisons aux volets bleus, églises de pierre, lac, fleurs de toutes sortes. Certains ont aussi dessiné le paysage avec des mots. Quelle variété d’un groupe à l’autre ! </P><br />
<P align="justify">Dans le bois de Bourbriac, le 9ème jour, nous nous sommes dispersés pour un long temps de désert. Assis dans une petite clairière pour lire, écrire, réfléchir, prier, ou alors en marchant sur l’un des itinéraires balisés. Durant presque une heure, l’orage a tourné autour du bois en grondant, mais il a respecté notre solitude et notre coin de ciel bleu. Beaucoup ont appris à aimer ce moment où l’on s’efforce de passer par la porte étroite qui conduit à la rencontre de son moi intérieur et du Dieu vivant. Le chrétien est comme un mousse qui braque sa longue vue sur un horizon nouveau, annonçant l’espérance. Au retour, la pluie s’est chargée de l’aspersion purificatrice… Et nous avons sillonné les petits chemins capricieux entre les Kergoas et les Kerraoul, les grosses fermes et les petites maisons pleines de merveilleux secrets. </P><br />
<P align="justify">Et de 10 : cinquante kilomètres jusqu’à Paimpol et l’embarcadère pour l’île de Bréhat. L’étrave du bateau coupe difficilement les vagues compactes qui lui viennent à l’assaut de face. Ça balance, il faut tenir l’équilibre, dans le vent qui fouette et décoiffe. Le crachin ne dissuade pas les « éphatiens » de se régaler des magnifiques vues tout autour de l’île. Débarquement. Le pique-nique est un moment de joie collective, avec la connivence des passants. Les jeunes s’improvisent mendiants musiciens. Puis, ils se dispersent pour se balader du Nord au Sud. La pluie nous laisse tranquilles jusqu’au voyage du retour, mais c’est sous la pluie battante qu’il faut reprendre les vélos. Le déluge transforme les cyclistes en pluviomètres. Mais ils font tous face pour ce dernier trajet. A huit heures, le dernier groupe rentre au bercail. Ah ! le réconfort d’une bonne douche, chaude cette fois. </P><br />
<H2>L’eucharistie rallye</H2><br />
<P align="justify">Le onzième jour. Le temps – déjà ! – de la moisson, de la célébration et de la fête. Les carrefours ont préparé l’eucharistie rallye qui nous a conduits, avec les vélos, tout autour du site de Coat en Doc’h. Chacun proposait une mise en scène des meilleurs souvenirs et un choix de paroles messages pour tout le groupe. Ce fut à la fois l’évaluation du camp et la liturgie de la parole. Là encore, le ciel nous a laissés tranquilles jusqu’au moment où nous sommes entrés dans la chapelle ; il s’est alors laissé aller à de grandes libations, pendant que nous célébrions la table du pain et la première communion de Maxime. C’est lui qui est venu devant, avec sa charrette, pour nous aider à prier le Notre Père. A la fin de la célébration, chacun a découvert la boîte aux trésors préparée par un autre depuis le début du camp. La veille et le matin avaient été marqués par une activité fébrile pour décorer les boîtes et les remplir d’objets et de petits mots significatifs du camp. Il y eut des galets peints, des pétales d’hortensias, des luminaires, des allumettes, et aussi des bonbons, en souvenir de la quantité de sucreries avalées pour mieux avaler les kilomètres. Et d’autres surprises et petits secrets&#8230; </P><br />
<P align="justify">La finale a été de toute beauté. Les sacs une fois rangés, les vélos embarqués, le car nous a emmenés pour une escale en plein vent, en pleine pluie et en plein soleil au cap Fréhel. Trois heures de flânerie, à contempler la mer assis au milieu du mauve des bruyères et de l’or des ajoncs, à descendre et escalader les rochers jusqu’à la mer, arpenter la falaise. Temps de contemplation, temps gratuit pour simplement goûter l’amitié, bavarder, ressasser déjà des souvenirs. Le car nous a ensuite repris pour nous emmener au Mont Saint Michel. Là, Dominique nous a fait un « dim dam doum » qui a amusé les touristes. Vous ne savez pas ce que c’est qu’un « dim dam doum » ? Il suffit de chanter « dim » en posant les mains en visière sur le front, puis de faire « dam » avec les mains à hauteur de la poitrine, et on termine par « doum », les mains aux cuisses. Le jeu consiste à varier le ton, l’ordre des gestes, le rythme, en répétant ce que fait le maître de jeu. Enfantin, mais efficace et amusant. Les jeunes ont ensuite chanté et fait des rondes pendant une demi-heure, entraînant les touristes, offrant un spectacle de joie et d’amitié pendant une demi-heure. </P><br />
<P align="justify">Aux pieds de la muraille, les jeunes ont remis les diplômes aux animateurs. Moment de se dire de grands mercis pour les bons moments vécus ensemble. Puis, la nuit a avalé le car jusqu’au Mont Saint Aubert – clin d’œil au Mont Saint Michel – au petit matin. Adieux aux amis, on se regarde tout étourdis de ce qui nous est arrivé en si peu de temps. Intensité du vécu. Invitation à n’en pas rester la, mais à créer l’avenir. C’est ainsi que tous ensemble, nous allons à Dieu.  </P><br />
<BR><br />
<P align="right">Jean-François Meurs</P></p>
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