Article relatif aux ancêtres de Marie Colette HARGOT, épouse de Remi Joseph TAMIGNEAUX. Ils sont les parents de Ferdinand Tamigneaux, notre ancêtre.

Dans la généalogie Tamigneaux / Hargot

La famille Hargot de Nivelles a donné une série d’entrepreneurs de travaux, les uns installés à Nivelles même, les autres émigrés à Anvers et à Liège. Ils se sont distingués par des travaux d’envergure, à Anvers, Bruges, Bruxelles, au Canal du Centre, etc. Les entreprises Tamigneaux de Nivelles, qui ont vécu sur trois générations, font partie de cette famille par Colette Hargot, mère de Ferdinand Tamigneaux, le fondateur.

Le patronyme

Le patronyme s’écrit également Argot ou Argo, voire Argos et même Argaux, ou encore Ergot … A Nivelles, la graphie Hargot finit par l’emporter.

Introduction

Le présent travail n’a pas pour but de répertorier un maximum de travaux effectués par les entrepreneurs Hargot, mais de donner une idée du développement de cette profession dans la famille. Je m’attache aux descendants de Mathias Hargot, et surtout de son fils Thomas, maçon, à l’origine d’une descendance prolifique.

On trouve évidemment d’autres métiers, très modestes, notamment pas mal de journaliers, des fileurs de laine et des dentellières, des bouchers et des cabaretiers. Les débuts sont humbles : ce sont des couvreurs de paille, installés au faubourg de Charleroi, et plus précisément au lieu-dit Hututu et au Bois-de-Nivelles, mais en deux générations, certains ont créé des entreprises solides. Peut-être l’époque était-elle favorable et peut-être y a-t-il d’autres familles aclotes qui ont produit des entrepreneurs ? Cela n’a pas fait l’objet de mes recherches.

I – La génération des maçons et couvreurs de paille

L’ancêtre commun, Mathias HARGOT

Notre histoire commence avec Mathias Hargot. Il provenait de Braine-le-Comte (1). Il épouse à Nivelles, le 2 juin 1737, Marie Gertrude LORENT. J’ignore la profession de Mathias ; était-il maçon ? ou simplement couvreur de paille comme son fils Emmanuel ? Les documents sont rares …

On a la chance de conserver de lui une trace : Jean Van den Dries dans son « Histoire des brasseries nivelloises » (2) produit le fac-similé d’un billet par lequel le collecteur Cravau signe en faveur de Mathias Hargot l’autorisation de brasser seize aimes de bonne bière à l’Ecu Rouge (3).

Deux de ses fils nous intéressent : Emmanuel, l’aîné, et Thomas.

Plusieurs indices permettent d’identifier Emmanuel comme le frère de Thomas, dont il sera question plus loin, et donc fils de Mathias : les dates de naissance à la même période (1751 et 1753) ; le retour des mêmes prénoms pour les enfants, notamment celui, rare à l’époque, de Thomas ; la provenance des lieux, proches du Bois-de-Nivelles ; et surtout les parcelles de terrain et les constructions imbriquées les unes dans les autres, indices d’un partage d’un même patrimoine situé au Hututu (4).

Les descendants d’Emmanuel HARGOT, travailleurs dans le bâtiment

Emmanuel est né à Nivelles le 7 juin 1751, et y est décédé le 22 juin 1815. Il épouse Marie Thérèse Piron, née à Rêves vers 1740. Ils habitaient au Bois de Nivelles. Son métier était « couvreur de paille ».

Son fils aîné Thomas (1776-1831) est simple « journalier », offrant ses bras à la journée ; mais parmi ses enfants de ce dernier, Hubert (1809-1871) est « couvreur de paille » comme son grand père Emmanuel, et il transmet son métier à son fils Firmin (1857), qui sera ardoisier, puis à son petit fils, Armand (vers 1884), lui aussi ardoisier. Elisabeth Hanne, petite-fille de Ferdinand Tamigneaux (5), se souvenait des cousins Hargot comme d’ « une famille d’ardoisiers et d’entrepreneurs »  (6). Gustave (1851), le frère de Firmin est charpentier, métier que l’on peut associer à celui des couvreurs de paille et ardoisiers.

Albert (1812-1869), le second fils d’Emmanuel, est élagueur et maçon. Un troisième fils, Augustin (1818-1882), est ouvrier charpentier et élagueur.

Enfin, Hubert (1784-1860), un quatrième fils d’Emmanuel, est lui aussi couvreur de paille. Il est le père de Désiré (Pierre Joseph Désiré, 1815-1886), qui exerce le métier de charpentier–menuisier. 

On le voit, la famille travaille dans le bâtiment !

Thomas HARGOT, maçon

Fils de Mathias et de Marie Gertrude Lorent, frère d’Emmanuel ; il est né à Nivelles le 1er  mars 1753 ; il y est décédé le 13 juin 1827 (7). Il épouse:

  1. à Nivelles le 19 janvier 1777 Marie-Françoise DUMONT, née à Nivelles vers 1746 et y décédée le 23 avril 1805 ;
  2. à Nivelles le 20 septembre 1820 Marie Anne PIERSEAUX, née à Nivelles le 16 novembre 1772.

Le recensement de 1796 (8) qualifie Thomas de jardinier, demeurant dans le quartier de Libre-sur-Sambre, à savoir Bois-de-Nivelles. Ce hameau était effectivement un coin de maraîchers. Mais le même recensement cite son fils Jean-Joseph, âgé de 14 ans, exerçant le métier de maçon. D’autre part, l’acte de décès de sa première épouse Marie Françoise Dumont, décédée en 1805, renseigne Thomas comme maçon. Ce métier est confirmé par Alain Graux dans son ouvrage « Houtain sur Dyle d’hier à aujourd’hui », je cite : « L’église de Houtain-le-Mont fut restaurée en 1785-86. Thomas HARGOT, maçon, refit la sacristie et répara les murs de l’église. »

A noter que Joseph DUMONT (1716-1790), le père de sa première épouse, Marie-Françoise Dumont, était lui aussi “couvreur de paille”, habitant Bois-de-Nivelles. 

Jean HARGOT, maçon

Fils de Thomas et de Marie-Françoise Dumont, né à Nivelles le 13 septembre 1780 y décédé le 15 mars 1865, âgé de 84 ans. C’est de lui qu’il s’agit dans le recensement de 1796 cité ci-dessus où on lui donne l’âge de 14 ans. Il épouse à Nivelles le 24 brumaire an 12 (mercredi 16 novembre 1803) Marie-Thérèse BREDA, née à Braine-le-Comte le 20 décembre 1776, décédée au Bois-de-Nivelles le 30 janvier 1837. Dans tous les actes d’état civil où il intervient, il est qualifié de maçon.

Trois fils de Jean pratiqueront le métier de maçon :

  1. Adrien, mort à 22 ans (1812-1834),
  2. Charles, né à Nivelles le 4 novembre 1805, et
  3. Romain, né à Nivelles le 19 août 1820.

Les deux derniers nommés deviendront entrepreneurs et feront l’objet d’un développement dans la suite de l’article.

Son petit fils Ferdinand Tamigneaux commencera lui aussi par le métier de maçon avant de devenir entrepreneur.

Notes :

  1. On trouve cependant le patronyme à Nivelles dès le début des années 1700. Ainsi, Laurent ARGO, fait partie des compagnons du métier des orimiers le 22 janvier 1720 : cf. A.E.B.W.-A.V.N. 337, cité par Alain Graux dans le n° 547 du Rif tout dju, à propos des métiers de Nivelles, page 17.
  2. Editions Rif Tout Dju, novembre 1996, page 26.
  3. Billet conservé aux Archives Générales du Royaume.
  4. Voir le plan cadastral de Popp, édité vers 1858.
  5. Elisabeth Hanne, née à Nivelles le 26 juin 1908, y décédée le 18 mars 1993, infirmière sociale, fille d’Edgard Hanne et de Maria Tamigneaux ; cette dernière est fille de Ferdinand Tamigneaux, entrepreneur.
  6. Jean Vandendries confirme dans son livre « Nivelles à la sueur de ton front… page 89 : « Firmin Hargot (10, Marché-au-bétail) portera le titre de maître ardoisier-entrepreneur dès le 31 décembre 1902 avant de se retrouver au boulevard des Archers. Son fils Armand, surnommé èl Keloute (défini dans le Dictionnaire aclot de Joseph Coppens comme verge, terme enfantin et d’affection) poursuivra les activités d’ardoisier au Marché-au-bétail dès le 1er janvier 1929 … »
  7. Déclaration du décès par Jean Argot, fils du défunt, maçon, faubourg de Namur.
  8. Le recensement de 1796 : l’âge attribué est très souvent approximatif !

II – La branche de Charles HARGOT

Charles Hargot est à l’origine d’une première “dynastie” d’entrepreneurs remarquables.

Le fondateur”

Fils de Jean Hargot et de Marie Françoise Dumont, né à Nivelles le 4 novembre 1805, y décédé le 17 août 1873. Il épouse:

  1. en premières noces, à Nivelles, le 14 mars 1832, Marie-Joseph DEPELSENAIRE, née à Bornival le 23 septembre 1794, décédée à Nivelles le 7 mai 1839. De ce premier mariage est issu Jean Elisée, dont il sera question plus loin.
  2. en secondes noces, à Nivelles, le 30 octobre 1839, Bernardine Joseph TOURNAY, née à Nivelles le 2 mars 1809, y décédée le 18 février 1851. De ce second mariage sont issus Romain et Maximilien, qui suivront.

Dans l’acte de décès de sa seconde épouse, en 1851, Charles Hargot est encore qualifié de “maître maçon”. Mais son propre acte de décès, à la date du 17 août 1873, dit qu’il est entrepreneur de travaux, domicilié à la Grand Place de Nivelles. C’est lui qui déclare à la mairie de Saint Ouen l’Aumône la naissance de son petit-fils Elisée, fils de Jean Elisée, et l’acte nous renseigne qu’il est domicilié lui aussi à Saint Ouen l’Aumône (Seine et Oise). Cette résidence a été passagère, puisque son fils ira bientôt s’établir dans le pays de Liège.

Une notice biographique concernant son fils Elisée Charles, appelé couramment Charles, dit que la firme d’entreprises de travaux publics Hargot était bien connue, spécialisée notamment dans l’exécution des travaux hydrauliques. Elle a travaillé aux canalisations souterraines des réseaux téléphoniques de Bruxelles et de Gand.

Charles Hargot est souvent cité comme témoin dans les actes de naissance des enfants de Remi Tamigneaux et Marie-Colette Hargot, notamment celui de Ferdinand Tamigneaux, né le 30 mars 1845 et déclaré le 1er avril. Charles est dit âgé de 39 ans et qualifié de “maître maçon”.

Sa tombe, assez remarquable, se trouvait encore au cimetière de Nivelles en 1995, à gauche de l’entrée, dans les premières allées, avec l’inscription : “A la mémoire de Charles Joseph Hargot, né à Nivelles le 4 novembre 1805, y décédé subitement le 17 août 1873. Ses enfants reconnaissants” (1). La commune de Nivelles a malheureusement supprimé cette tombe, ainsi que d’autres qui formaient pourtant un bel ensemble monumental (2).

Parmi les enfants de Charles, plusieurs nous intéressent :

  1. Jean Elisée, le fils aîné, issu du premier mariage, et ses deux fils Elisée Charles, dit Charles, et Elisée
  2. Romain et Maximilien, issus du second marriage, et les enfants de Maximilien.

Les héritiers” liégeois

Jean Elisée, Elisée Charles et Elisée

Jean Elisée Ghislain, fils aîné de Charles, est né à Nivelles le 18 février 1833 et décédé à Nice le 2 septembre 1918. Il fut entrepreneur de travaux et conseiller communal (3). Il épouse à Nivelles le 3 juillet 1861 Marie-Jeanne VOITURON, née à Nivelles le 21 janvier 1834 et décédée à Liège le 30 mars 1905.

La notice (4) qui le concerne dans l’article paru à propos de l’Académie de Dessin de Nivelles résume son parcours :

Hargot Elisée, entrepreneur de travaux publics et président de la Chambre syndicale des entrepreneurs à Liège.

Parti de Nivelles un lundi matin, muni de ses dessins de l’Académie, il travailla pendant quelque temps à Charleroi. Un jour, on vint demander aux ouvriers de sa brigade, quel était le maçon qui savait écrire et dessiner ; il se présenta et fut dès lors admis dans les bureaux. Bientôt, il entreprit la gare de Tergnier (S. Quentin), il se fixa à Liège, et, en collaboration avec : VOITURON, Emmanuel, de Nivelles, architecte à Liège, HARGOT Romain, de Nivelles, entrepreneur de travaux publics à Anvers, tous deux élèves de notre Académie, il entreprit plusieurs travaux d’art dont les principaux sont : le pont de Laeken sur le canal de Willebroeck ; le chemin de fer de Boom à Londerseel ; un athénée à Anvers et un pont près de Liège, en amont sur la Meuse.

Grâce à leur initiative, un congrès international des entrepreneurs eut lieu à Liège en 1881, en même temps qu’une Exposition de machines nouvelles, matériaux et outils perfectionnés applicables à l’art de construire. Le compte-rendu publié à Liège, prouve que leurs efforts ont été couronnés de succès, et l’année présente verra probablement se réunir à Anvers, la deuxième session du même Congrès, où la Hollande, la Suisse, la France, l’Angleterre et l’Espagne ont voulu se faire représenter, afin d’élucider les questions les plus actuelles et les plus intéressantes sur les entreprises à forfait absolu ou à bordereaux de prix ; sur le travail à la tâche ou en régie ; sur les pièces à déposer avant les adjudications, les cautionnements, les paiements et les cahiers de charges ; sur la responsabilité des entrepreneurs, les assurances, les caisses de secours, et sur le progrès dans l’art de construire (Compte-rendu du Congrès international des entrepreneurs à Liège. Juillet 1882 – XVI – 288 – LX pages).

Le fils aîné de Jean Elisée, Elisée Charles Ghislain, dit Charles, est né à Saint-Ouen l’Aumône (5) le 22 juin 1862. Il sera Ingénieur des mines et deviendra Bourgmestre de Angleur (6). Il épouse à Paris (14ème arrondissement), le 16 septembre 1919, Renée Georgette MöLLINGER, née à Chalon sur Saône (Saône et Loire) le 12 février 1884, décédée à Liège le 27 septembre 1981.

Elisée, le plus jeune des fils, est né à Grivegnées le 21 janvier 1867 et décédé à Nice le 28 février 1918. Il est entrepreneur de travaux publics, domicilié à Angleur. On trouve sa trace dans le “Livre d’Or de l’Exposition de Liège, 1905” par Gustave Drèze :

Elisée Hargot, entrepreneur, est administrateur dans la « Société d’Etudes pour l’Organisation d’une Exposition à Liège ». Il fera ensuite partie du Conseil d’administration de la Société anonyme de l’Exposition de Liège constituée le 15 juillet 1899. On trouve sa photo portrait à la page 39. Il fait partie du Comité de la Rectification de l’Ourthe…

L’Exposition de Liège de 1905 a été un événement international remarquable, mais surtout, il a donné lieu à des travaux d’envergure qui ont complètement bouleversé la physionomie du quartier de Fétinne, aujourd’hui assimilé à la ville de Liège, notamment la construction du pont de Fragnée, la construction d’un nouveau pont pour le chemin de fer en direction de l’Ardenne, et la déviation d’un des bras de l’Ourthe qui formait un delta au moment de se jeter dans la Meuse.

Les « héritiers » anversois

Maximilien et Romain

Deux autres fils de Charles ont travaillé ensemble comme entrepreneurs, à savoir :

  1. Romain, né à Nivelles le 22 août 1840. Epoux de Philomène Ghislaine CARPEAUX. Il est ingénieur aux chemins de fer (7). Lors de la naissance de sa fille aînée Maria Charlotte, il est dit fabricant de chaux à Warcq, y domicilié. Il a travaillé comme entrepreneur, avec son frère Maximilien. Il est mentionné dans un répertoire d’adresses d’Anvers en 1888 : R. Hargot, entrepreneur de travaux publics, r. Province (Sud), 179. C’est de lui que parle la notice de l’Académie de dessin de Nivelles citée plus haut à propos de son demi-frère Elisée.
  2. Maximilien, né à Nivelles le 10 septembre 1850, décédé à Anvers le 15 avril 1910, inhumé à Deurne dans le caveau de la famille. Entrepreneur de travaux publics à Anvers. Au répertoire de 1888, il habite au boulevard Léopold, 127. Il épouse à Anvers le 10 mai 1884 Marie Jeanne Joséphine RANDAXHE, dite aussi Maria, née à Anvers le 2 janvier 1860, y décédée le 26 juillet 1951, fille de Jean-Joseph Randaxhe et Jeanne-Marie Bally (8).

Les deux frères ont contribué à la construction du Palais provincial de Bruges, sur la Grand-Place. Ils sont représentés sur une des huit consoles d’où partent les nervures de la voûte de la cage d’escalier (9).

Maximilien, dit Max, est concessionnaire pour le système de construction en béton armé « Hennebique », du nom de l’ingénieur français François Hennebique. (10).

Ses deux fils, Paul, né à Anvers le 2 juillet 1885, y décédé le 24 décembre 1972, et Marcel, né à Anvers le 27 juin 1886, y décédé le 11 septembre 1972, travailleront avec lui avant de reprendre l’entreprise. Parmi les réalisations, on trouve en 1896 des portes d’écluse pour le port d’Anvers, en 1919 les loges de garde pour le chemin de fer de l’Etat, des travaux de génie civil comme les revêtements de berge d’une rivière à Anvers en 1919-1921, l’agrandissement du cinéma « Anvers Palace » en 1919-1921, etc. 

Notes

  1. J’ai photographié cette Pierre, et je possède un souvenir pieux de Charles-Joseph Hargot.
  2. Une disparition regrettable, car ces tombes ne manquaient pas d’allure ni d’intérêt pour le patrimoine monumental.
  3. Je n’ai pas pu vérifier ce dernier point.
  4. Cf. Notice sur L’Académie de Dessin et l’Ecole industrielle réunies, précédée d’un Aperçu sur le Passé artistique de Nivelles, par Edm. JAMART, vicaire, Membre de la Commission administrative. Nivelles, Typographie Veuve Emm. DESPRET-FERDINAND, d. rue du Curat, 1885. Cette notice présente les personnes par leur nom, en ordre alphabétique.
  5. Fait partie actuellement de la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise près de Paris.
  6. Non confirmé par la liste des bourgmestres d’Angleur publiée sur Wikipedia.
  7. Selon Denise Hargot Paule Marie, fille de Marcel, dont il sera question plus loin ; née à Anvers le 25 mai 1921, secrétaire comptable, qui épouse à Anvers le 21 mars 1961 Raymond Jules Félix DRUMEL, né à Schaerbeek le 11 août 1920, receveur des contributions.
  8. Jean-Joseph Randaxhe, né à Olne le 10 juillet 1832, décédé à Anvers le 11 juillet 1888. Il fut Vice-Président de la Société Commerciale, Industrielle et Maritime d’Anvers.
  9. Luc Devliegher, Le palais provincial de Bruges, Bulletin du Crédit Communal n° 186, 1993/4, p. 15.
  10.  François Benjamin Hennebique, né le 25 avril 1842 à Neuville-Saint-Vaast, entre Lens et Arras et mort à Paris le 7 mars 1921. Il avait commencé sa carrière comme maçon à Bruxelles, avant de fonder son entreprise de travaux en Belgique, puis de remettre celle-ci pour se consacrer à la recherche sur le béton armé. Il avait déposé son premier brevet en 1892. Le réseau Hennebique comportait de nombreux concessionnaires belges parmi lesquels  notamment les entrepreneurs Hargot.

III – La branche de Romain HARGOT

Romain Ghislain Hargot, fils de Jean et de Marie Thérèse Breda, frère de Charles (voir ci-dessus en II) est né à Nivelles le 19 août 1820, décédé à Saint-Gilles (Bruxelles) le 5 juillet 1890. Il est qualifié de maître maçon sur son acte de mariage qui eut lieu à Nivelles le 14 septembre 1844 avec Félicité Ghislaine MORLET, née à Nivelles le 3 avril 1817, décédée à St-Gilles le 3 novembre 1907. Le plan cadastral de Popp (1858) renseigne que Romain Hargot, maître maçon, était propriétaire d’une maison divisée en plusieurs parcelles, avec un jardin, au faubourg Sainte Anne, proche de la Place St-Paul.

Je n’ai pas la preuve qu’il fut entrepreneur de travaux, mais c’est fort probable. En tout cas, son fils Emile s’est établi à Anvers où il a développé une entreprise, associé aux frères Jean et Hubert Bolsée.

Emile Hargot

La firme Bolsée & Hargot

Fils de Romain et Félicité Morlet, né à Nivelles le 27 septembre 1853, décédé à La Haye le 22 avril 1917 (1). Il épouse à Saint Gilles le 17 novembre 1875 Anne-Marie VANDERHOEVEN, née à Saint-Gilles le 12 octobre 1850, décédée à Berchem (Anvers) le 5 décembre 1940. C’est après son mariage qu’il s’établit à Anvers, comme entrepreneur de travaux publics associé à la firme Bolsée. La tradition familiale veut qu’il ait construit, au début du siècle, la gare d’Anvers, probablement comme spécialiste des égouts (2).

La firme Bolsée & Hargot était parmi les plus productifs des concessionnaires du brevet Hennebique. L’usage du béton armé était alors réputé d’avant garde dans le grand public, mais il était d’usage répandu dans les champs du génie civil, le premier brevet Hennebique remontant à l’année 1892. L’Exposition universelle de Paris en 1900 avait été l’occasion d’une large diffusion de différents systèmes de béton armé (3).

Bolsée & Hargot ont utilisé cette technique pour une grande variété de travaux : construction d’usines, théâtres (Les Variétés à Anvers), ponts, brasseries, malteries, toitures, fondations sur mauvais sol, réservoirs, planchers pour les plus fortes charges et les plus longues portées, entrepôts (reconstruction de l’Entrepôt Royal à Anvers).

Quelques exemples (et davantage sur WWW.MOT.BE / Photos : RCB 130601 : photo de la publicité) :

  • 1905, travaux maritimes à Anvers : construction de l’entrepôt Godfried aux abords du bassin Guillaume.
  • 1906, les Grands Magasins du Printemps, rue d’Aremberg et rue Léopold, à Anvers.
  • 1906, viaduc de Deurne-Merxem, 176 m de long et 12m de largeur avec les ingénieurs Maesschalk et Paul de Hem.
  • 1908, pont-rail sous double voie normale à Anvers, ingénieurs Zanen et Suelens …

Parmi les travaux pharaoniques, la construction d’un tronçon du Canal du Centre qui fut ouvert à l’exploitation en 1917 :

Les premiers travaux de terrassement du canal débutent le 20 mai 1882. Le chantier est divisé en cinq sections … la quatrième, de 2,2 km, entre les deux Houdeng, est adjugée au mois de mars 1897 à la firme Jean Bolsée, Hubert Bolsée et Emile Hargot d’Anvers pour 1819000 frs.

« C’est aux abords de l’ascenseur n° 2 à Houdeng-Aimeries que commencent les travaux de la quatrième section en voie d’achèvement en janvier 1901.

Ce qui frappe surtout dans la construction de cette section du canal, c’est la solidité et la grande résistance qu’offrent les talus. On sait qu’une des grosses difficultés que l’on eut à résoudre dans le creusement d’un canal est la consolidation des rives et le revêtement des talus. Les remblais, boisés de marronniers depuis cette époque, sont réalisés en étages. L’ampleur des travaux de terrassement occasionnés par leur élévation dépasse l’imagination. Et pour cause … Ceux-ci ont nécessité l’évacuation d’environ 500.000 m3 de terre. Un travail titanesque réalisé à la pelle et à la brouette !

Commencé en mai 1887, il prit fin en septembre 1892, quatre années à peine après l’inauguration de l’ascenseur n°1. Les maçonneries de l’ascenseur, seront inaugurées un an plus tard et le montage des parties métalliques, à la veille de la première guerre mondiale.  (4)

Georges Hargot

Association Hargot G. & R. Somers

Georges Emile, fils d’Emile et Anne Marie Vanderhoeven, est né à Saint-Gilles le 14 octobre 1877, et décédé à Forest le 5 novembre 1951. Il épouse Gabrielle VAN DE WERF née à Anvers le 13 juillet 1907. Entrepreneur en association avec R. Somers.

Ils étaient eux aussi spécialisés dans les constructions en béton armé, concessionnaires du brevet Hennebique, parmi les plus productifs. Ils ont construit notamment une série d’immeubles en style « beaux-arts ».

Quelques exemple :

  • Les Magasins « Au Bon Marché » à Bruxelles, architecte Maughe.
  • Le Cinéma « Marivaux », au Bd Max à Bruxelles.
  • Le passage souterrain de la Place Rogier à Bruxelles (5).
  • Agrandissement de la chocolaterie Meurisse à Anvers en 1910.
  • Caserne des sapeurs pompiers d’Anvers en 1914.
  • La Banque Centrale Anversoise en 1912.
  • Le magasin de style beaux-arts à Anvers, au coin de la Huidevetterstraat et Jodenstraat pour le compte du fabriquant de chemises Maurice Loroue, avec l’architecte Rodolphe Frank en 1914.
  • Immeuble avec magasin et bureaux de style beaux-arts pour l’Orfèvrerie d’Art Miele & C°, selon les plans de l’architecte Jean-Laurent Hasse, en 1911.
  • Bâtiment de banque de style beaux-arts pour la Caisse Hypothécaire Anversoise, sur plans de l’architecte Frans Van Dijk en 1907.
  • Le musée provincial de la photo à Anvers, construit en 1911 comme entrepôt, architecte Hendrik Frans van Dijk. : ce bâtiment devenu musée actuellement semble avoir pris le nom de « Vlaanderen ». Les constructeurs furent F. Hargot et R. Somers, de Lamorinièrestraat.

Notes :

  1. Pendant la guerre de 1914-1918, Emile et son épouse, ainsi que leur fille Clémentine et son époux, le diamantaire Charles Habib, se sont exilés – un exil doré – en Hollande, « pays neutre » en 1914, et précisément à La Haye.
  2. Il existe pas mal de littérature à propos de la gare d’Anvers, et les architectes sont toujours cités, mais on ne trouve rien concernant les entreprises de construction !
  3. Histoires de béton armé ; Patrimoine, durabilité, innovations. Comité de rédaction : Jean-François Denoël, Bernard Espion, Armande Hellebois, Michel Provost. Une publication FABELCEM, Fédération de l’Industrie Cimentière Belge, et le comité Patrimoine et Histoire de la FABI, Fédération Royale d’Associations Belges d’Ingénieurs Civils, etc., page 40.
  4. Michel MAIGRE, Le Canal du Centre, historique, Institut du Patrimoine wallon, 2017, p. 9-10.
  5. Cf. Revue « Béton armé » n° 366 de août 1938. Cf. aussi Délibération du conseil communal et décisions à ce sujet, Bulletin Communal de Bruxelles, Année 1929, p. 156.

IV – L’entreprise TAMIGNEAUX de Nivelles

Ferdinand Tamigneaux

L’histoire de l’entreprise Tamigneaux commence une génération plus tard avec Ferdinand Tamigneaux petit-fils de Jean Hargot.

Les Tamigneaux dont il est question sont une lignée de meuniers et d’agriculteurs issus de Ronquières et installés à Nivelles vers 1716, sans doute déjà à la ferme de Spilmont où nous pouvons les situer avec certitude un peu plus tard. Remi Tamigneaux, père de Ferdinand, avait épousé une voisine, Marie Colette Hargot : la ferme de Spilmont se trouve en effet au Bois-de-Nivelles, presqu’en face du Hututu, « repaire de Hargots ». Vers 1835, après son mariage et la naissance de six enfants, il avait acheté la « Petite Cense » qui se trouve à l’orée du Bois du Sépulchre, où Ferdinand est né le 29 mars 1845. Il est décédé alors que Ferdinand avait 17 ans et était encore mineur, ainsi que trois sœurs (1). Marie Colette, veuve, chargée de 10 enfants, n’a pas pu tenir la fermette, et a été accueillie par l’oncle Félicien, frère de Remi, qui exploitait la ferme de Spilmont.

Entre-temps, Ferdinand avait déjà adopté le métier de son grand-père Jean et de ses oncles Charles et Romain. Apprenti maçon à l’âge de 14 ans, il faisait le trajet à pieds de Nivelles à Bruxelles chaque lundi dans la nuit, et le trajet inverse le samedi soir (2).

Il épouse à Nivelles le 25 novembre 1874 Elisa (3) MOSSELMAN, née à Nivelles le 4 juin 1849, décédée à Nivelles le 9 décembre 1897, fille d’Antoine Mosselman, machiniste, domicilié Faubourg Sainte Anne, et de Florentine LEFEBVRE, ménagère.

D’apprenti maçon, Ferdinand devint maçon (il l’est toujours en 1886, à la naissance de sa fille Elisa, qui ne vivra qu’un mois), puis maître maçon, et finalement entrepreneur. En 1903, il est toujours établi au faubourg de Soignies. Il est décédé au Boulevard Charles Van Pé le 2 août 1926.

On manque de documentation au sujet des travaux menés par l’entreprise de Ferdinand Tamigneaux. Elle a occupé 40 ouvriers (4). Les Annales de la SAN n° 30-31 décrivent les travaux d’appropriation du refuge d’Orival afin d’y transférer les orphelins de l’hospice en 1896 (5).

Le journal l’Aclot du 29 septembre 1889 annonce la réouverture du Waux-Hall après des travaux exécutés avec la participation de M. Tamigneaux pour des travaux de sécurisation (6).

Il a refait les murs de l’église et du cimetière de Baulers ; « il fallait dresser de larges plaques de pierre contre les murs ; avec ses grands bras et ses grandes mains, il en prenait une à lui tout seul pour la redresser et l’appliquer » (7). Il a construit deux séries de maisons de même style, quatre au Boulevard Charles Vanpée (les n° 17, 19, 21, 23), et il a habité au numéro 19 où il a fini sa vie, et cinq autres rue des Frères Grislein (les n° 16, 18, 20, 22, 24).

Une photo de Ferdinand Tamigneaux due à Emmanuel Despret comporte une légende qui le présente comme Président de la société de Sainte Barbe qui fête son XXe anniversaire. Elle est la patronne des constructeurs. (8).

Firmin Tamigneaux

Fils aîné de Ferdinand et Célina Mosselman, né à Nivelles le 26 décembre 1875, y décédé le 18 août 1946. Il épouse à Nivelles le 19 novembre 1902 Maria Antoinette CLOQUET, née à Nivelles le 17 février 1881, y décédée le 26 novembre 1965, fille de Gustave et de Marie Thérèse SPRINGAL, cultivateurs à Monstreux.

Firmin a fait son école primaire chez les frères des écoles chrétiennes, puis il a travaillé tout de suite à l’entreprise. Il a fait toute sa formation professionnelle sur le tas.

Son frère Remy exerça lui aussi le métier de maçon (9) comme il est indiqué sur l’acte de mariage de son frère Firmin, où il figure comme témoin ; mais il reprit la « Petite Cense » à la mort de son oncle célibataire Jean-Joseph. 

Après avoir travaillé plusieurs années pour son père, Firmin fonde en 1906 la firme « Firmin Tamigneaux », « entreprises générales de construction » (10). Outre les travaux effectués pour sa clientèle privée, il réalise d’importants ouvrages comme le Collège Sainte Marie pour les Frères Marianistes de Rêves, le Collège épiscopal Sainte-Gertrude à Nivelles en 1920, des bâtiments au couvent des sœurs de l’Union au Sacré-Cœur à Hoegaarden (1909 et 1928) et à Nivelles (1931), le couvent des Religieuses Conceptionnistes de Nivelles en 1911-12 ; en 1908, il restaure la chapelle de l’Ecole des Frères (11). En 1935-37, il construit l’église Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus à la Maillebotte.

Le 30 novembre 1934, Firmin Tamigneaux obtient le marché pour la démolition de l’Ecole régimentaire des Grenadiers. (12). Reconnue comme bien « nivelloise », la firme reçoit des tâches de la part de la commune : en 1914, la cache de la chasse de Sainte Gertrude et du trésor dans la cave des abbesses (cloître de la collégiale). “Dès le vendredi 24 septembre 1920, grâce aux bons soins de M. Tamigneau (sic), les pierres du musée lapidaire situé naguère au couvent des Récollets furent rangées soigneusement dans la galerie orientale du cloître de Sainte-Gertrude” (13).

Les activités de la firme subissent un net ralentissement de 1914 à 1918. Elle travaille durant trois jours et trois nuits pour remplacer les cuves en cuivre de la brasserie Duvieusart par des cuves en fer, afin de les soustraire aux allemands (14). L’année 1919 marque la fin de cette sombre période : les travaux reprennent vigoureusement. La firme ne cessera de grandir.

Sa fille Mariette, née en 1904, l’aide dans la gestion à partir de 1923, et Joseph, né en 1908, à partir de 1928. La firme occupe alors 80 ouvriers. Il y avait une grande familiarité avec les ouvriers, qui étaient des « fidèles » des entreprises, et il n’y avait pas de comptes écrits : Firmin les connaissait tous, savait les heures de travail prestées, leurs habitudes, l’heure où ils arrivaient, venant des environs, à pieds ou à vélo. La paie se faisait de la main à la main, à la table.

La « S.P.R.L. Les Entreprises Tamigneaux »

En mars 1936, un accident cardiaque contraint Firmin à ralentir très fort ses activités professionnelles. Il a 61 ans. Afin de garder l’affaire en raison familiale, il décide, en 1938, de fonder la S.P.R.L. Les Entreprises Tamigneaux, auxquelles il participe lui-même, avec sa fille Mariette et ses fils Joseph et Ernest. Les activités se poursuivent régulièrement jusqu’en 1940. Le bombardement de Nivelles provoque un choc brutal. Dès lors, Firmin a vécu davantage en retrait.

Quand Joseph a été arrêté par les allemands en 1943, pour faits de résistance, Ernest, resté seul, a fait appel à son plus jeune frère, Jean, alors étudiant en Histoire à l’UCL (Louvain), qui est entré ainsi dans l’association.

Firmin décède en 1946. Sa veuve est associée non active dans l’affaire. Une augmentation de capital est décidée en 1950

Quatre enfants de Firmin seront donc engagés dans « Les Entreprises Tamigneaux » :

1/ Mariette, l’aînée, née à Nivelles le 4 janvier 1904, décédée en 2001. Elle épouse à Nivelles le 19 août 1927 Camille VIGNERON, fils de Camille et de Anne-Marie VANDERMOLEN. Mariette est allée à l’école jusqu’à l’âge de 15 ans, puis elle a travaillé au bureau pour l’entreprise, assurant la comptabilité.

Son mari, Camille Vigneron, courtier en assurances, est entré dans l’association comme « surveillant de travaux ». Il s’occupait surtout du département « carrelages ».

2/ Joseph, né à Nivelles le 27 juin 1908, décédé accidentellement à Haine-Saint-Paul le 4 février 1954. Il épouse à Nivelles le 29 avril 1932 Nelly DANIS, fille d’Achille, menuisier, et de Marguerite ROSY ; née à Nivelles le 30 novembre 1910. Lorsque Joseph meurt, sa veuve est associée non active dans l’entreprise.

Le couple a eu trois enfants, Michel et Marcel, jumeaux, et Rita. Michel et Marcel, tous deux gradués industriels en construction (IRAM-St-Luc) prendront du service dans l’entreprise. Ils sont nés à Nivelles le 10 juin 1933. Marcel épouse à Ixelles le 9 décembre 1961 Suzanne HOUBION, née à Namur le 24 mai 1934, fille de Georges et Antoinette TOPET ; Michel épouse à Nivelles le 1 février 1964 Anne-José DOERANNE, née à La Louvière le 28 novembre 1944, fille de Jean et de Julienne OLIVIER.

3/ Ernest, né à Nivelles le 19 mars 1912, décédé à Ottignies le 2 septembre 1985, architecte (Institut Supérieur d’Architecture St-Luc à Liège), architecte et entrepreneur en bâtiments, entré dans l’association en 1933. Il épouse à Nivelles le 21 novembre 1935 Yvonne VERLY, née à Rêves le 18 octobre 1913, fille de Henri et de Maria Dehoux.

4/ Jean, né à Nivelles le 2 mai 1920, y décédé le 26 février 1988, entrepreneur en bâtiments. Il épouse à Nivelles Le 28 août 1947 Marie-Thérèse PAULUS, née à Nivelles le 7 mars 1928, fille de Léopold et de Esther LALEMAN. C’est Jean qui est nommé Gérant de la société en 1954.

La société est reconduite pour 30 ans en 1968, avec Ernest, Jean et Michel à la tête des travaux, et Mariette responsable de la comptabilité. La firme est bien cotée sur la place et dans le monde des entreprises. La majorité des travaux effectués sont pour les bureaux du Ministère des Travaux Publics de Namur, de Mons et de Nivelles (une belle série d’écoles et de lycées), pour les Administrations communales de diverses villes et pour les services de la Régie, des complexes sportifs, des résidences, des maisons d’habitation. Citons particulièrement la chapelle Saint-Joseph de Bois-de-Nivelles, inaugurée en 1939, qui vient de faire l’objet d’un article dans le Rif tout dju à l’occasion de ses 80 ans (15).

La firme a occupé jusqu’à 202 personnes en 1947, et 350 en 1953-1956 (16).

Cette branche des Tamigneaux est à Nivelles depuis 304 ans. Les entreprises Tamigneaux ont eu une longévité de 92 ans, à savoir :

  1. Ferdinand, de 1888 à 1906, 18 ans ;
  2. Firmin, de 1906 à 1938, 32 ans ;
  3. Les Entreprises Tamigneaux, 1938-1980, 42 ans.

Notes :

  1. La majorité était à 21 ans.
  2. Récit d’Odile Tamigniau, fille de François Tamigniau et de Laure Tamigneaux, petite fille de Ferdinand, née à Nivelles le 26 avril 1921.
  3. Elisa selon tous les actes officiels, mais on l’appelait toujours Célina.
  4. Article du Sillon belge du 15 octobre 1993
  5. Cf. page 32.
  6. L’auteur qui signe clipotia note que la situation doit rester provisoire, il manque d’issues en cas d’incendie. Il ajoute : “Il est temps qu’une ville comme la nôtre dispose d’une salle de fêtes convenable et que cette vieille bicoque rapiécée et rabistoquée, dont on rougit devant les étrangers, disparaisse au plus tôt”.
  7. Récit d’Odile Tamigniau. A propos des pierres du cimetière de Baulers : « j’en vois peu qui soient vigoureux comme lui ».
  8. Ferdinand Tamigneaux fêtait la Sainte Barbe au Café Sartiaux, puis, quand ce café a cessé, à d’autres endroits. Cette fête réunissait tout le bâtiment : les ouvriers maçons et autres de chez Tamigneaux, et aussi les plombiers, les menuisiers qui travaillaient en collaboration. Témoignage de Mariette Tamigneaux, fille de Firmin, en 1990.
  9. Sans doute avec son père …
  10. Pour cette partie et la suite, j’ai bénéficié de l’aide de Michel Tamigneaux, fils de Joseph, petit-fils de Firmin. Avec mes remerciements.
  11. ASAN XXVIII-XXIX, 2003, p. 434 ; voir aussi p. 440 sq, l’annexe 1, avec l’inauguration en 1909.
  12. ASAN XXVIII-XXIX, 2003, p. 423.
  13. SAN 30-31 page 55.
  14. Cf. Histoire des brasseries nivelloises, Jean Vandendries, p. 103. Les Allemands voulaient s’emparer du cuivre notamment celui des cuves des brasseries. Edmond Duvieusart ayant prévu le coup commanda à une chaudronnerie de Willebroek des cuves en fer qui lui furent rapidement fournies et placées par Firmin Tamigneaux et les siens. La nouvelle installation fut utilisée par l’ensemble des brasseurs nivellois sous l’étiquette de « Brasserie centrale ».
  15. Rif tout dju n° 555 de Novembre-décembre 2019, pages 29-32.
  16. Rif tout dju, n° 328, Numéro spécial, septembre 1990, Xavier Pierre DUSAUSOIT et Mariana BLANCO-RINCON, La libération et ses conséquences à Nivelles, page 10.

Jean-François Meurs

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