Flora et les fleurs

En souvenir de Flora, 28 juin – 3 juillet 2013

 

J’ai toujours été bien reçu à Sauvenière, chez Flora, qui m’a bien aidé dans mes recherches sur la famille Piret. Il faudrait que je reprenne ici ce que j’ai écrit sur “La Loge” dans le “Piret Magazine”, notamment dans le numéro concernant les chevaux. Elle m’a même offert un souvenir précieux, le portrait d’Octavie Holoffe, qu’elle est allée chercher dans un tiroir. La photo était protégée par un verre épais d’un centimètre, bisauté sur les bords. Octavie était la mère de Colette Croône, épouse d’Alfred Piret, ces derniers étant les parents de Louis et Adolphe. Et Flora m’a raconté qu’Adolphe, en visite, voyant que le portrait de sa grand-mère n’était plus au mur, avait réclamé auprès de son frère en disant : “si c’est pour le jeter, donnez-le moi” ! Et depuis, le portrait était resté dans le tiroir.

Flora n’était pas “passéiste”, elle ne vivait pas de souvenirs, mais elle était très “famille”, très attachée à ses cousines et cousins de Baulers. Quand même, elle en voulait à ses parents d’avoir quitté la ferme de la Loge, d’abord pour une petite fermette à la chaussée de Hal, à Nivelles, puis dans la ferme, malgré tout isolée, de Sauvenière.

En accord avec son prénom, Flora a été une amoureuse des fleurs, qu’elle a toujours cultivées avec soin, et dont elle était toujours entourée. Elle devait avoir la main verte… Je me souviens de visites à la ferme de Sauvenière, il y avait des fleurs partout dans la maison et dans la cour de la ferme, tout autour. Elle partageait cela avec l’oncle Alfred. Il y avait là quelque atavisme : dans nos ancêtres Piret, il y a eu en effet Nicolas Piret qui a exercé à Nivelles le métier de jardinier et marchand de graines, et qui a transmis ce métier à plusieurs de ses enfants. Il y eut aussi les arrière-grand-parents, Maximilien Crôone et Octavie Holoffe qui étaient tous deux issus de familles de jardiniers et de maraîchers au faubourg de Charleroi. Il y avait donc de l’hérédité…

Flora était très directe, spontanée. À l’enterrement de Calixte, elle m’a fait promettre que je célèbrerais ses funérailles. Le genre de demande un peu embarrassante, d’abord par le sujet, et puis parce qu’on ne peut pas savoir si l’on sera disponible le moment venu. Elle m’a réitéré la même demande une autre fois, et j’ai été heureux de pouvoir répondre à sa demande et à la confiance affectueuse qu’elle me faisait.

Jean-François Meurs