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	<title>Piret-Magazine n°004 &#8211; Piret-Magazine</title>
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	<description>Un site de la famille Piret-Meurs</description>
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		<title>Tante Odile du Chili</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alisce]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Oct 2007 00:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Piret-Magazine n°004]]></category>
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					<description><![CDATA[Tante Odile Tamigneaux Les portes du Chili&#8230; S&#339;ur Anne-Marie du Sacr&#233;-C&#339;ur, petite s&#339;ur des pauvres. &#160; Prologue, mars 1990 Quand j&#8217;&#233;tais enfant, il arrivait de temps en temps &#224; la maison d&#8217;Obaix, via Bonne Maman de Baulers, une lettre du Chili. Et maman me parlait, un tout petit peu seulement,<a class="moretag" href="https://www.meurs.be/2007/10/24/123/"> Lire la suite&#8230;</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<style type="text/css">
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<h1>Tante Odile Tamigneaux</h1>
<h2 class="style1">Les  portes du Chili&hellip;</h2>
<h3>S&oelig;ur Anne-Marie du Sacr&eacute;-C&oelig;ur, petite s&oelig;ur des pauvres.</h3>
<p>&nbsp;</p>
<h2>Prologue, mars 1990</h2>
<p>Quand j&rsquo;&eacute;tais  enfant, il arrivait de temps en temps &agrave; la maison d&rsquo;Obaix, via Bonne Maman de  Baulers, une lettre du Chili. Et maman me parlait, un tout petit peu seulement,  parce qu&rsquo;elle ne l&rsquo;avait jamais connue, de sa marraine partie au Chili, comme  &laquo;&nbsp;Petite S&oelig;ur des Pauvres&nbsp;&raquo;.</p>
<p>
  En attendant,  moi, je m&rsquo;&eacute;tais mis &agrave; r&ecirc;ver du Chili. Quand je suis all&eacute; faire mes &eacute;tudes &agrave;  Rome, je me suis tout de suite li&eacute; d&rsquo;amiti&eacute; avec les confr&egrave;res espagnols et  surtout sud-am&eacute;ricains&nbsp;: c&rsquo;&eacute;tait une fa&ccedil;on de me rapprocher du Chili. J&rsquo;ai  appris l&rsquo;espagnol parce qu&rsquo;on ne sait jamais&hellip; sans trop y croire vraiment. Je  fredonnais &laquo;&nbsp;El condor pasa&nbsp;&raquo;, j&rsquo;&eacute;coutais les chansons de Violetta  Parra, du groupe &laquo;&nbsp;Quilapayun&nbsp;&raquo;, et je jouais &agrave; la guitare celles de  Victor Jara, pendant la dictature de Pinochet.</p>
<p>
  Or, voil&agrave; qu&rsquo;au mois de janvier 1990, le  directeur de l&rsquo;&eacute;cole Don Bosco de Verviers me t&eacute;l&eacute;phone parce qu&rsquo;il avait besoin  de quelqu&rsquo;un pour accompagner un groupe d&rsquo;&eacute;l&egrave;ves (1) au Chili, tous frais  pay&eacute;s, et il avait pens&eacute; &agrave; moi&hellip; Je n&rsquo;en revenais pas&nbsp;! Tout &agrave; coup, un  vieux r&ecirc;ve &eacute;tait &agrave; ma port&eacute;e. Cela faisait m&ecirc;me un peu peur, car, enfin, un  r&ecirc;ve confront&eacute; &agrave; la r&eacute;alit&eacute; est un r&ecirc;ve qui commence &agrave; se d&eacute;faire. Apr&egrave;s des  ann&eacute;es, je risquais de ne plus rien trouver de la tante du Chili.</p>
<p>
  Je suis all&eacute; chercher dans les quelques lettres  que maman conserve encore, et j&rsquo;y ai trouv&eacute; une adresse. J&rsquo;ai tent&eacute; ma chance.  J&rsquo;ai &eacute;crit au couvent de Santiago en me disant que, apr&egrave;s plus de 25 ans, ce  serait un coup de chance. J&rsquo;ai attendu cinq &agrave; six semaines, ou m&ecirc;me plus, sans  rien voir venir&hellip; Or, voil&agrave; que je re&ccedil;ois une r&eacute;ponse le matin m&ecirc;me de mon  d&eacute;part en avion&nbsp;! C&rsquo;&eacute;tait comme un signe. <br />
  D&eacute;barqu&eacute; &agrave; Santiago du Chili vers midi, apr&egrave;s  22 heures de voyage, le groupe voulait se reposer jusqu&rsquo;&agrave; la soir&eacute;e. J&rsquo;avais  six heures devant moi. J&rsquo;ai profit&eacute; de ce temps pour prendre un taxi  &laquo;&nbsp;collectif&nbsp;&raquo; afin de me rendre &agrave; la &laquo;&nbsp;Calle Carmen&nbsp;&raquo;. Le  syst&egrave;me est curieux&nbsp;: ces taxis font toujours les m&ecirc;mes trajets et ils  ramassent des gens tout le long de la route, n&rsquo;importe o&ugrave;, pourvu qu&rsquo;il y ait  de la place. Nous &eacute;tions entass&eacute;s &agrave; sept dans la vieille limousine am&eacute;ricaine  d&eacute;capotable. Il ne fallait pas claquer la porti&egrave;re trop violemment, sinon elle  risquait de tomber&hellip; C&rsquo;est, au fond, un bus miniature, et &ccedil;a ne co&ucirc;te pas plus  cher&nbsp;! Je me suis inform&eacute; aupr&egrave;s du chauffeur afin de savoir o&ugrave; descendre,  vers o&ugrave; me diriger. Et l&agrave;, ce fut une comp&eacute;tition d&rsquo;amabilit&eacute;&nbsp;: tout le  monde voulait m&rsquo;aider. Il y avait m&ecirc;me un passager compl&egrave;tement d&eacute;&ccedil;u que je  parle espagnol, tellement il aurait voulu m&rsquo;aider en anglais&hellip; langue que,  h&eacute;las, je lis, mais ne parle pas&nbsp;! Bref, je n&rsquo;ai eu aucune difficult&eacute; &agrave;  arriver bien plus t&ocirc;t que pr&eacute;vu et sans encombre &agrave; destination. Je demandais  mon chemin par plaisir&hellip; et pour faire plaisir &agrave; ceux qui voulaient  m&rsquo;aider&nbsp;! Eh oui&nbsp;!</p>
<p>
  J&rsquo;ai &eacute;t&eacute; fort bien re&ccedil;u au couvent o&ugrave; notre  tante et grand-tante a pass&eacute; plus d&rsquo;une vingtaine d&rsquo;ann&eacute;es de sa vie. Une  petite s&oelig;ur qui l&rsquo;avait connue a voulu tout me montrer, bien que tout ait  chang&eacute; depuis 25 ans&nbsp;: les chambres, les salles de s&eacute;jour, les vieillards,  les bonnes vieilles. J&rsquo;ai recueilli quelques bribes pour enrichir ce que je  savais. </p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>S&oelig;ur Anne-Marie du Sacr&eacute;-C&oelig;ur</h2>
<p>Odile Maria Firmine Ghislaine Tamigneaux est  n&eacute;e &agrave; Nivelles le 25 septembre 1889, fille de Ferdinand, alors &acirc;g&eacute; de 44 ans,  &laquo;&nbsp;ma&ccedil;on entrepreneur&nbsp;&raquo; et d&rsquo;Elisa (C&eacute;lina) Mosselman, &acirc;g&eacute;e de 40 ans,  &laquo;&nbsp;cabareti&egrave;re&nbsp;&raquo;. </p>
<p align="center">
<img decoding="async" src="https://www.meurs.be/modules/galerie/images/thumbs/mini_OdileTamigneaux01_66.jpg"><br />
Odile Tamigneaux &agrave; gauche et sa s&oelig;ur Laure<br />
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</p>
<p>Elle &eacute;tait la petite derni&egrave;re et sans doute la  g&acirc;t&eacute;e. Elle n&rsquo;avait que huit ans lorsque sa maman est d&eacute;c&eacute;d&eacute;e. Rest&eacute;e &agrave; la  maison quand toutes les fr&egrave;res et s&oelig;urs se sont mari&eacute;s, elle s&rsquo;est occup&eacute;e de  son papa, veuf depuis 1897. Les enfants Ballieu, qui ont toujours affectionn&eacute;  les surnoms (2), l&rsquo;appelaient affectueusement &laquo;&nbsp;tante Crocodile&nbsp;&raquo;.  Ghislaine dit qu&rsquo;elle &eacute;tait enjou&eacute;e et agr&eacute;able. Elle se souvient d&rsquo;une  promenade depuis Nivelles, faubourg de Soignies, jusqu&rsquo;&agrave; la &laquo;&nbsp;Petite  Cense&nbsp;&raquo; au Bois du Saint S&eacute;pulchre&nbsp;(3) ; elles s&rsquo;&eacute;taient assises  ensemble sur l&rsquo;herbe du talus, et la Tante Odile avait d&eacute;clar&eacute;&nbsp;:  &laquo;&nbsp;N&rsquo;oublie pas que chaque pas nous rapproche de l&rsquo;&eacute;ternit&eacute;.&nbsp;&raquo; Adolphe  Piret disait qu&rsquo;elle &eacute;tait la plus joyeuse de toutes, regrettant qu&rsquo;ensuite  elle soit devenue &laquo;&nbsp;vraiment b&eacute;guine&nbsp;&raquo;, avec cette pi&eacute;t&eacute; volontiers  sentencieuse, &agrave; la mode du temps&hellip; </p>
<p>C&rsquo;est elle qui a dessin&eacute; les grands iris qui se  trouvaient &agrave; la ferme de Baulers, dans &laquo;&nbsp;le salon au plancher&nbsp;&raquo;, et  qui se trouvent actuellement chez l&rsquo;oncle Fred. </p>
<p>Dans les premiers mois de 1919, elle d&eacute;cide de  devenir religieuse chez les <em>Petites s&oelig;urs des pauvres</em>, congr&eacute;gation  fond&eacute;e par une bretonne, Jeanne Jugan, pour s&rsquo;occuper des personnes &acirc;g&eacute;es sans  ressources. Elle entre comme &laquo;&nbsp;postulante&nbsp;&raquo; (4) &agrave; la maison de  Bruxelles, rue Haute, peut-&ecirc;tre au lendemain du bapt&ecirc;me de sa filleule  Marie-Louise, n&eacute;e le 9 mars 1919 &hellip; Elle n&rsquo;y reste que quelques mois, car le 9  septembre 1919, elle rejoint le &laquo;&nbsp;noviciat&nbsp;&raquo; &agrave; Anvers. Elle y re&ccedil;oit  son nom de religion, S&oelig;ur Anne Marie du Sacr&eacute;-C&oelig;ur, et y compl&egrave;te son  &laquo;&nbsp;postulat&nbsp;&raquo; avant de prendre l&rsquo;habit de religieuse et d&eacute;buter le  noviciat proprement dit. Ce temps d&rsquo;initiation et de formation a dur&eacute; sans  doute 12 mois et s&rsquo;est termin&eacute; par la c&eacute;r&eacute;monie des v&oelig;ux temporaires, qu&rsquo;elle a  prononc&eacute;s le 8 d&eacute;cembre 1921. Ses s&oelig;urs Julia et Lydie &eacute;taient pr&eacute;sentes &agrave; la  c&eacute;r&eacute;monie, ainsi que Colette Piret, qui avait 8 ans, et Ghislaine Ballieu, &acirc;g&eacute;e  de 9 ans.</p>
<p>Apr&egrave;s sa profession, elle a &eacute;t&eacute; envoy&eacute;e &agrave;  Cherbourg, en France&nbsp;; et en mai 1923, elle est partie pour Bogota, en  Colombie, o&ugrave; elle aidait pour la qu&ecirc;te. La plupart des s&oelig;urs sont envoy&eacute;es en  mission (5). Maman a conserv&eacute; une toute petite photo de l&rsquo;asile des vieillards  de Bogota. </p>
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<img decoding="async" src="https://www.meurs.be/modules/galerie/images/thumbs/mini_OdileTamigneaux02_67.jpg"><br />
Le couvent de Bogota<br />
<a href="https://www.meurs.be/index.php?mod=galerie&#038;action=img&#038;id_gal=12&#038;id_img=67">Cliquer ici pour agrandir</a></p>
<p>En septembre 1927, elle est revenue en  Belgique, &agrave; Malines, o&ugrave; elle &eacute;tait responsable des Dames valides puis de  l&rsquo;accueil. Albert Ballieu se souvient d&rsquo;y &ecirc;tre all&eacute; en visite (6). De l&agrave;, elle  est all&eacute;e faire son &laquo;&nbsp;Grand Juniorat&nbsp;&raquo; &agrave; la maison m&egrave;re de la  congr&eacute;gation, dite &laquo;&nbsp;La Tour Saint Joseph&nbsp;&raquo;, &agrave; Saint-Pern, en Bretagne,  non loin de Rennes. C&rsquo;est l&agrave; qu&rsquo;elle a fait ses v&oelig;ux &laquo;&nbsp;perp&eacute;tuels&nbsp;&raquo;  le 15 octobre 1928. </p>
<p>Aussit&ocirc;t apr&egrave;s ses v&oelig;ux d&eacute;finitifs, S&oelig;ur Anne  Marie est repartie pour l&rsquo;Am&eacute;rique Latine, et n&rsquo;est plus jamais rentr&eacute;e en  Europe. Elle ira d&rsquo;abord en Colombie, &agrave; Medellin, pour s&rsquo;occuper des  vieillards. La maison est situ&eacute;e dans le quartier d&rsquo;Antioquia, qui est un des  plus pauvres et actuellement un des plus &laquo;&nbsp;chauds&nbsp;&raquo; de cette capitale  de la drogue. </p>
<p>Au mois de juin de 1933, elle est envoy&eacute;e au  Chili, &agrave; la maison de Concepci&ograve;n, &agrave; 800 km au sud de la capitale Santiago.  Cette ville se situe dans une zone temp&eacute;r&eacute;e est plus ou moins &eacute;quivalent &agrave;  celui de la Belgique. En f&eacute;vrier 1936, elle se trouve &agrave; La Plata, en Argentine.  En septembre 1940, elle est envoy&eacute;e &agrave; Santiago du Chili, dans la maison  &laquo;&nbsp;du Saint Rosaire&nbsp;&raquo;. Elle y restera 26 ans, jusqu&rsquo;&agrave; sa mort le 13  novembre 1966. </p>
<p align="center">
<img decoding="async" src="https://www.meurs.be/modules/galerie/images/thumbs/mini_OdileTamigneaux03_68.jpg"><br />
Le couvent de Santiago, en mars 1990<br />
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</p>
<p>Toute sa vie, elle a &eacute;t&eacute; &laquo;&nbsp;qu&ecirc;teuse en  nature&nbsp;&raquo;&nbsp;: elle allait chez les gens y chercher des l&eacute;gumes, de la  farine, des &oelig;ufs, etc., tout ce qui devait servir &agrave; nourrir les vieillards  recueillis &agrave; l&rsquo;asile. Mais elle ne qu&ecirc;tait pas d&rsquo;argent. Par cette charge, elle  avait beaucoup de contacts avec les gens des quartiers alentours, pour qui sa  visite &eacute;tait un plaisir et un r&eacute;confort. </p>
<p>Elle partait avec une charrette tir&eacute;e par un  cheval, et elle en parle dans une lettre&nbsp;: &laquo;&nbsp;Nous n&rsquo;avons plus notre  beau cheval noir que j&rsquo;aimais &agrave; brosser, &agrave; &eacute;triller, &agrave; laver. Figurez-vous que  le rhumatisme articulaire lui avait d&eacute;form&eacute; le pied au point qu&rsquo;il marchait sur  la pointe du sabot, cela faisait quelque chose de voir la pauvre b&ecirc;te&nbsp;&raquo;  (1950). Avec cette charrette, elle se rendait aussi &agrave; la gare o&ugrave; arrivaient les  vivres qu&ecirc;t&eacute;es par d&rsquo;autres s&oelig;urs dans les villages et les campagnes&nbsp;o&ugrave;  elles sollicitaient les paysans : &laquo;&nbsp;Nos Petites S&oelig;urs font aussi leurs  tourn&eacute;es de campagne. Par deux fois elles en ont ramen&eacute; un petit veau&nbsp;;  une autre fois 5 petits cochons et bien d&rsquo;autres choses qui sont bien venues &agrave;  la cuisine&nbsp;&raquo; (1956).</p>
<p>Bien qu&rsquo;&eacute;loign&eacute;e, ou peut-&ecirc;tre &agrave; cause de cet  &eacute;loignement, on la sent tr&egrave;s sensible &agrave; la famille et avide de recevoir des  nouvelles. Elle remercie Albert, plus fid&egrave;le &agrave; lui &eacute;crire que Lydie (sa s&oelig;ur,  maman d&rsquo;Albert)&hellip; Elle fait r&eacute;guli&egrave;rement le compte de ses neveux et  petits-neveux&nbsp;: &laquo;&nbsp;Et tout d&rsquo;abord, merci pour les diff&eacute;rentes photos.  J&rsquo;ai eu beau compter les petites t&ecirc;tes de gauche &agrave; droite, c&rsquo;est comme pour les  boulets que N. Dame de Hal tient &agrave; ses pieds. Ce fut peine perdue. Cependant,  le recensement g&eacute;n&eacute;ral de la petite famille me donne 64 petits-neveux et ni&egrave;ces  et 2 arri&egrave;re-petites-ni&egrave;ces. Le compte est-il exact&nbsp;?&nbsp;&raquo; (1956). </p>
<p>Elle prend part aux &eacute;v&eacute;nements familiaux et  s&rsquo;en fait &eacute;cho&nbsp;: &laquo;&nbsp;Le plaisir que m&rsquo;a occasionn&eacute; la lettre de Colette  &eacute;tait temp&eacute;r&eacute; par les nouvelles qui m&rsquo;&eacute;taient donn&eacute;es de vos chutes &agrave; tous deux&nbsp;&raquo;  (1933). Elle fait allusion &agrave; un accident survenu sur la route, une voiture  ayant d&eacute;rap&eacute; &eacute;tait venue renverser leur charrette et le cheval&hellip;</p>
<p>&laquo;&nbsp;J&rsquo;ai su la vente de la &laquo;&nbsp;Petite  Cense&nbsp;&raquo; en mai dernier (3). J&rsquo;avais esp&eacute;r&eacute; que l&rsquo;un des n&ocirc;tres en devienne  propri&eacute;taire. C&rsquo;est un h&eacute;ritage et un souvenir de famille qui nous &eacute;chappe et  qu&rsquo;y faire&nbsp;?&nbsp;&raquo; (1955). </p>
<p>&laquo;&nbsp;Derni&egrave;rement, Lydie a eu la gentillesse  de nous envoyer quelques photos prises &agrave; l&rsquo;occasion du bapt&ecirc;me du petit  Jacques. Je ne doute pas qu&rsquo;elle vous les ait envoy&eacute;es &agrave; vous aussi, mais vous  nous en ferez autant. J&rsquo;ai grand d&eacute;sir de conna&icirc;tre votre petit monde.  Marie-Th&eacute;r&egrave;se, l&rsquo;a&icirc;n&eacute;e de Paule, doit &ecirc;tre une grande jeune fille&nbsp;&raquo; (1955)</p>
<p>Elle &eacute;voque quelques r&eacute;miniscences, mais elle  est partie trop t&ocirc;t pour avoir une abondance de souvenirs&nbsp;: &laquo;&nbsp;Les  petites lettres de Marie-Louise et de Colette m&rsquo;ont fait grand plaisir aussi.  Je crois bien que je me souviens du petit poupon duquel j&rsquo;ai r&eacute;pondu au jour du  bapt&ecirc;me. Je suis bien aise de son souvenir&hellip; De Colette, j&rsquo;ai un peu plus de  souvenirs dont quelques uns m&eacute;ritent de passer &agrave; la post&eacute;rit&eacute;, mais je crains  que de les confier au papier, ils ne perdent de leur valeur. Les beaux souliers  vernis avaient eu pour cause les noces de tante Laure, ce sont les seuls v&eacute;cus  par moi&hellip;&nbsp;&raquo; (1950). &laquo;&nbsp;Pour moi, je n&rsquo;ai pas oubli&eacute; certaine apr&egrave;s-midi  obscure d&rsquo;hiver, et certaine petite ni&egrave;ce apportant l&rsquo;ardoise et la touche pour  que je lui &eacute;crive l&rsquo;adresse des Petites S&oelig;urs pour savoir o&ugrave; elle pourrait  venir me retrouver quand le moment serait venu. Mais je comprends que  l&rsquo;&eacute;criture de l&rsquo;ardoise s&rsquo;est effac&eacute;e depuis longtemps.&nbsp;&raquo; (1933)</p>
<p>Dans ce dernier passage appara&icirc;t une de ses  pr&eacute;occupations r&eacute;currentes&nbsp;: le d&eacute;sir de voir des vocations parmi les  petits-neveux et ni&egrave;ces&nbsp;: &laquo;&nbsp;Quelle belle couronne et l&agrave; dedans  combien de futures vocations&nbsp;? &hellip;&nbsp;&raquo; (1956). &Agrave; vrai dire, c&rsquo;est surtout  &agrave; une vocation f&eacute;minine qu&rsquo;elle pense, et son anxi&eacute;t&eacute; augmente avec les ann&eacute;es  d&rsquo;avoir une &laquo;&nbsp;rempla&ccedil;ante&nbsp;&raquo;&nbsp;: &laquo;&nbsp;Et parmi la jeunesse  f&eacute;minine y a-t-il espoir que quelque Petite S&oelig;ur des Pauvres&nbsp;? Voil&agrave; qui  serait une bonne nouvelle pour moi.&nbsp;&raquo; (1955). &laquo;&nbsp;N&rsquo;y aurait-il pas  l&agrave;-bas quelque petite &laquo;&nbsp;Anne-Marie&nbsp;&raquo; qui aurait le d&eacute;sir de soigner  les bons vieillards, car je commence &agrave; vieillir et je serais (elle oublie un  mot, sans doute &laquo;&nbsp;heureuse&nbsp;&raquo;) que quelqu&rsquo;un ou quelqu&rsquo;une de l&agrave;-bas  se pr&eacute;pare pour venir me remplacer.&nbsp;&raquo; (1959). </p>
<p>On parle &eacute;videmment d&rsquo;agriculture&nbsp;:  &laquo;&nbsp;La semence de la vocation ne pourrait-elle aller de pair avec la science  de faire pousser les choux et les carottes et d&rsquo;&eacute;lever des poussins. Ici, la  Petite s&oelig;ur charg&eacute;e du jardinage a bien &agrave; faire avec tous ses  vieillards-jardiniers, pour leur faire faire l&rsquo;ouvrage comme il se doit car ils  ne connaissent gu&egrave;re ou pour mieux dire ils ne connaissent (pas) ce que c&rsquo;est  que retourner la terre et la fumer. Ils s&egrave;ment et plantent sur une terre  inculte&nbsp;; les mauvaises herbes arrach&eacute;es et s&eacute;ch&eacute;es sur place servent  d&rsquo;engrais. Vous voyez qu&rsquo;un brin de connaissance sur ce point n&rsquo;est pas de trop  et peut-&ecirc;tre bien utile &agrave; l&rsquo;occasion. (1933). </p>
<p>Ce sujet refl&egrave;te bien &eacute;videmment les  pr&eacute;occupations et les curiosit&eacute;s des correspondants de la ferme de Dinant &agrave;  Baulers&nbsp;: &laquo;&nbsp;Vous nous dites que la saison a &eacute;t&eacute; peu favorable pour  les r&eacute;coltes&hellip;&nbsp;&raquo; (1956). &laquo;&nbsp;Avez-vous eu de bonnes r&eacute;coltes cette  ann&eacute;e&nbsp;? De ce c&ocirc;t&eacute;, le Chili n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; bien favoris&eacute; l&rsquo;&eacute;t&eacute;  dernier&hellip;&nbsp;&raquo; (1955). &laquo;&nbsp;Ici au Chili, le bl&eacute; en herbe s&rsquo;est vu compromis  par le fait de la s&eacute;cheresse, mais gr&acirc;ce &agrave; Dieu, de bonnes pluies &agrave; intervalle  sont venues redresser la situation dans la campagne. Pour le peu que je puisse  comprendre les travaux de culture, il semble qu&rsquo;ils sont bien diff&eacute;rents de  chez nous&hellip; Je ne connais pas qu&rsquo;il y ait ici des propri&eacute;t&eacute;s d&rsquo;exploitation  agricole de 25, 30, 40 hectares&nbsp;; (en surcharge&nbsp;: ) sinon sur de  vastes &eacute;tendues&nbsp;; en plus, l&rsquo;&eacute;levage du b&eacute;tail se fait en plein air et sur  grande &eacute;chelle&nbsp;; l&rsquo;engrais des terres se fait donc avec des produits  min&eacute;raux ou chimiques. Avis et renseignements donn&eacute;s en toute conscience &agrave;  l&rsquo;amateur.&nbsp;&raquo; (1950). </p>
<p>La tante parle de tremblements de terre, en  1960, mais l&rsquo;&eacute;picentre &eacute;tait situ&eacute; &agrave; 900 km au sud, et il n&rsquo;y a pas de d&eacute;g&acirc;ts  (7). </p>
<p>Dans les derni&egrave;res ann&eacute;es de sa vie, atteinte  d&rsquo;une maladie de c&oelig;ur, S&oelig;ur Anne-Marie a du r&eacute;duire ses activit&eacute;s. Il faut dire  que la vie l&agrave;-bas &eacute;tait rude et sans confort. La maison n&rsquo;avait pas de  chauffage, pas de fen&ecirc;tres aux baies, et si le climat est g&eacute;n&eacute;ralement doux, &#8211;  il y a des palmiers dans le jardin&nbsp;! -, les nuits peuvent &ecirc;tre tr&egrave;s  fra&icirc;ches et brumeuses, &agrave; cause de la Cordill&egrave;re des Andes toute proche d&rsquo;un  c&ocirc;t&eacute;, et de l&rsquo;Oc&eacute;an de l&rsquo;autre, et il neige parfois.</p>
<p>&Agrave; partir de ce moment, elle a pris soin de la  literie, de la lingerie, rendant aussi des services &agrave; la cuisine&nbsp;; puis,  elle a &eacute;t&eacute; r&eacute;duite &agrave; l&rsquo;inactivit&eacute;&nbsp;: son &laquo;&nbsp;emploi&nbsp;&raquo; est devenu la  pri&egrave;re et les petits services rendus avec complaisance &agrave; ses compagnes  d&rsquo;infirmerie. Mais ce qu&rsquo;elle aimait par dessus tout, c&rsquo;&eacute;tait de faire chanter  et faire rire les vieillards. C&rsquo;est la premi&egrave;re chose que me disent ceux que  j&rsquo;ai rencontr&eacute;s&nbsp;: elle &eacute;tait joviale et faisait le pitre. Ainsi, elle  chantait une chansons en mettant les doigts dans les trous du nez, en  nasillant. Elle chantait aussi une chanson dont les s&oelig;urs fran&ccedil;aises ne  comprenaient pas les paroles&nbsp;: on peut parier que c&rsquo;&eacute;tait du wallon&nbsp;!  Par contre, elle n&rsquo;a jamais pu parler l&rsquo;espagnol correctement&nbsp;: elle l&rsquo;a  baragouin&eacute; toute sa vie&hellip; et elle en remettait peut-&ecirc;tre parce que cela faisait  rire. Bref, elle avait son petit succ&egrave;s. </p>
<p>En d&eacute;pit du corset un peu rigide des formules  de politesse et de pi&eacute;t&eacute; qui &eacute;taient de mise, on voit poindre cet humour dans  certaines lettres. Ainsi, &agrave; propos de l&rsquo;accident d&rsquo;Adolphe Piret et de Julia,  elle ajoute d&eacute;bonnaire&nbsp;: &laquo;&nbsp;Il est grandement &agrave; d&eacute;sirer que vous ne  recommenciez pas&nbsp;&raquo; (1933). Ou lorsqu&rsquo;elle a &agrave; se faire pardonner d&rsquo;avoir  tard&eacute; &agrave; r&eacute;pondre&nbsp;: &laquo;&nbsp;J&rsquo;ai su qu&rsquo;au d&eacute;but de l&rsquo;ann&eacute;e vous avez &eacute;t&eacute;  tous deux bien fatigu&eacute;s et j&rsquo;ai grand d&eacute;sir d&rsquo;avoir de vos nouvelles. J&rsquo;aurais  d&ucirc; &agrave; vrai dire vous l&rsquo;exprimer plus promptement et bien m&eacute;rit&eacute; serait le nom de  tante &laquo;&nbsp;tortue&nbsp;&raquo; (1959). Il y a encore la mani&egrave;re dont elle fait  comprendre que les r&egrave;gles de la pauvret&eacute; lui interdisent d&rsquo;envoyer une photo,  mais o&ugrave; elle satisfait quand m&ecirc;me un d&eacute;sir&nbsp;: &laquo;&nbsp;Marie-Louise est  d&eacute;sireuse, &agrave; ce qu&rsquo;il para&icirc;t, d&rsquo;avoir mon portrait et voici&nbsp;: un peu  vieillotte pour mon &acirc;ge, plut&ocirc;t rid&eacute;e, marchant clopin-clopant par moments,  portant lunettes, &eacute;dent&eacute;e, etc., mais on se maintient.&nbsp;&raquo; (1956).</p>
<p>Sur la fin de sa vie, elle oubliait un peu son  fran&ccedil;ais, et elle transposait telles quelles des expressions espagnoles, voire  utilisait des mots en castillan.</p>
<p>Une nuit de brume, le 13 novembre 1966, elle  est partie sans bruit pour la maison du P&egrave;re. Sa tombe &eacute;tait toujours l&agrave; en  mars 1990, lorsque j&rsquo;ai fait ma visite, au grand &eacute;tonnement des s&oelig;urs, car le  cimeti&egrave;re est petit et, habituellement, on n&rsquo;attend pas 20 ans avant de mettre  une autre &agrave; la place. Malgr&eacute; tout, cela faisait quelque chose de voir cette  trace, si peu de chose, mais bien r&eacute;elle, comme conclusion &agrave; un r&ecirc;ve. </p>
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Le cimeti&egrave;re du couvent de Santiago<br />
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La tombe de S&oelig;ur Anne-Marie du Sacr&eacute;-C&oelig;ur<br />
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<p>Mais je n&rsquo;en avais pas tout &agrave; fait fini avec la  tante du Chili&nbsp;: elle allait passer le relais &hellip;</p>
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<h2>Epilogue&nbsp;:  les petits marchands de gla&ccedil;ons&hellip;</h2>
<p>&hellip; Quand je me suis retrouv&eacute; seul dans la rue  Carmen, j&rsquo;ai pris le bus. Un Ford de 1939, une pi&egrave;ce de collection&nbsp;! Le  bus filait &agrave; toute allure en direction du &laquo;&nbsp;Puente Alto&nbsp;&raquo;. Il y avait  au milieu du pare-brise un grand Sacr&eacute;-Coeur en d&eacute;calcomanie, entour&eacute; de  bougies. Cela me faisait un peu sourire, car je ne pouvais que le rapporter &agrave;  S&oelig;ur Anne-Marie du Sacr&eacute;-C&oelig;ur.</p>
<p>Le bus ralentit. Tout-&agrave;-coup, une frimousse  brune s&rsquo;interpose devant l&rsquo;image saint-sulpicienne doucereuse&nbsp;: un gamin  avait saut&eacute; dans le bus, un peu avant l&rsquo;arr&ecirc;t ! Il y a de la d&eacute;termination sur  ses traits, et une sorte de maturit&eacute; qui n&rsquo;est pas de son &acirc;ge. Il tient sous le  bras une caisse de carton d&rsquo;o&ugrave; il tire une glace sur un bois en criant  &laquo;&nbsp;tchamoniiii&nbsp;!&nbsp;&raquo; Un coup d&rsquo;&oelig;il pour voir si quelqu&rsquo;un r&eacute;agit,  et il redescend souplement. Le bus d&eacute;marre d&eacute;j&agrave;. Mu par une impulsion subite,  je bondis de mon si&egrave;ge et saute dans la rue. </p>
<p>Sur le trottoir, une dizaine de gamins et  d&rsquo;adolescents agrippent comme lui une caisse de carton avec un num&eacute;ro inscrit  au bic. Celle de Juan-Manuel porte le n&deg; 27. Ils vendent des  &laquo;&nbsp;Chamonix&nbsp;&raquo;&nbsp;: des gla&ccedil;ons de limonade, trois couleurs, dont la  t&ecirc;te a &eacute;t&eacute; tremp&eacute;e dans du chocolat. Ce n&rsquo;est pas tr&egrave;s dans mes go&ucirc;ts, mais  j&rsquo;en prends un quand m&ecirc;me pour amorcer la conversation.</p>
<p>Le carrefour est une immense &eacute;toile o&ugrave;  aboutissent 7 grandes avenues o&ugrave; les voitures roulent &agrave; quatre de front. Les  bus se succ&egrave;dent toutes les quinze secondes et roulent portes ouvertes. Les  gamins se placent un peu avant l&rsquo;arr&ecirc;t du bus, sautent dedans avant qu&rsquo;il ne  s&rsquo;arr&ecirc;te, et proposent leur marchandise. Si un client ach&egrave;te, ils font une  &eacute;tape et reprennent un bus en sens inverse. Sinon, ils sautent en bas d&egrave;s que  le bus red&eacute;marre. Les chauffeurs, sympathiques, sont complices et laissent  faire. </p>
<p>Carlos est un petit h&eacute;risson avec ses cheveux  pleins d&rsquo;&eacute;pis en bataille. Il retrousse un nez tach&eacute; de son et d&eacute;couvre un  sourire tout en dents fines. &laquo;&nbsp;El Cogolito&nbsp;&raquo; a un visage d&rsquo;indio avec  des m&egrave;ches acajou dans ses cheveux noirs et une grande bouche rouge faite pour  un sourire tr&egrave;s rond. Sous les cheveux de jais de Pablo, des yeux sombres et  d&eacute;mesur&eacute;s vous mangent. Juan-Manuel rectifie rapidement ses ondulations pour  faire face &agrave; mon objectif. Peu farouches, ils s&rsquo;approchent et nous faisons  connaissance. Ils sont tout heureux d&rsquo;&ecirc;tre pris en photo&hellip;</p>
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<p> &#8211; Dans  quel pays tu nous emm&egrave;nes&nbsp;? </p>
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<p>Ils me montrent le grand bar aux murs peints en  rouge sang, avec son immense inscription &laquo;&nbsp;Coca Cola&nbsp;&raquo;. Le patron les  approvisionne et sur les trente pesos que co&ucirc;te le gla&ccedil;on, ils en gagnent  seize. D&egrave;s l&rsquo;&acirc;ge de treize/quatorze ans, parfois douze, ils doivent abandonner  l&rsquo;&eacute;cole&nbsp;: il faut gagner sa vie. Ils viennent chaque jour de leur  &laquo;&nbsp;poblaci&ograve;n&nbsp;&raquo;, leur petit village au pied de la Cordill&egrave;re. </p>
<p>Avec les trente pesos que je lui ai donn&eacute;s pour  le gla&ccedil;on, Tonin court chez le marchand qui a install&eacute; sa boutique ambulante  sur le terre-plein qui s&eacute;pare deux voies du boulevard. Il s&rsquo;ach&egrave;te des  &laquo;&nbsp;sopaipillas&nbsp;&raquo; (8), des beignets plats de farine de bl&eacute; pass&eacute;s &agrave; la  friture. Il les arrose g&eacute;n&eacute;reusement de moutarde et de cet &laquo;&nbsp;aji&nbsp;&raquo;  que l&rsquo;on retrouve partout, une sauce faite de piments rouges broy&eacute;s, tr&egrave;s  piquante. Il puise avec une grande cuiller au manche tout &laquo;&nbsp;embern&eacute;&nbsp;&raquo;  et s&rsquo;en met autant sur les doigts. Il s&rsquo;en maquille les joues et malgr&eacute; une  langue &eacute;tonnamment mobile, il ne peut balayer jusque l&agrave;&hellip; Mis en app&eacute;tit,  j&rsquo;essaye ces savoureuses galettes. Ils observent avec une malice teint&eacute;e de  sympathie ma r&eacute;action quand je go&ucirc;te au feu de l&rsquo;aji. </p>
<p>Apr&egrave;s cela, ils me donnent des conseils&nbsp;:  &laquo;&nbsp;Si tu veux une femme, tu vas par l&agrave;. Mais de ce c&ocirc;t&eacute;-l&agrave;, il ne faut pas  aller&nbsp;: on t&rsquo;&eacute;gorge&nbsp;!&nbsp;&raquo; Ils font le geste du couteau en travers  de la pomme d&rsquo;Adam. La vie, pour eux, c&rsquo;est du pratique, des divisions simples.  Le r&ecirc;ve, c&rsquo;est la nourriture, le sexe, l&rsquo;argent, c&rsquo;est du concret. Ce n&rsquo;est pas  pour autant facile&nbsp;!</p>
<p>Ils me font faire un tour du quartier.  Spontan&eacute;ment, ils se font mes gardes du corps, veillant sur mon appareil photo  qui ne passe pas inaper&ccedil;u avec son zoom. Si j&rsquo;avais une journ&eacute;e &agrave; moi, je les  prendrais pour guide, mais notre temps est, h&eacute;las, enti&egrave;rement programm&eacute;. Apr&egrave;s  S&oelig;ur Anne-Marie, et gr&acirc;ce &agrave; la visite que je lui ai rendue, ces visages-l&agrave; ont  &eacute;t&eacute; le &laquo;&nbsp;S&eacute;same&nbsp;&raquo; qui m&rsquo;a ouvert bien grand les portes du Chili. </p>
<p align="right">Jean-Fran&ccedil;ois Meurs</p>
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<li>Ces &eacute;tudiants en dessin  d&rsquo;architecture avaient con&ccedil;u et dessin&eacute; les plans d&rsquo;une maison d&rsquo;accueil pour  marins &agrave; Concepci&ograve;n, et voulaient aller pr&eacute;senter ces plans aux autorit&eacute;s  chiliennes pour obtenir leur soutien afin que le r&ecirc;ve d&rsquo;un missionnaire  vervi&eacute;tois se r&eacute;alise. Ils allaient aussi faire des travaux de r&eacute;novation dans  un petit village de p&ecirc;cheurs retir&eacute;, fait de maisons en bois, tr&egrave;s pauvre. </li>
<li>Marie &eacute;tait  &laquo;&nbsp;Mabalou&nbsp;&raquo;, Ghislaine, &laquo;&nbsp;Ghislala&nbsp;&raquo;, et Jos&eacute;phine  &laquo;&nbsp;Titite&nbsp;&raquo;&hellip;</li>
<li>La Petite Cense, situ&eacute;e tout  pr&egrave;s du Bois-du-S&eacute;pulchre avait &eacute;t&eacute; achet&eacute;e par Remy Tamigneaux,  vraisemblablement en d&eacute;cembre 1835. &Agrave; sa mort, en 1862, la ferme fut revendue,  mais ses enfants ont tout fait pour racheter cette ferme o&ugrave; ils sont v&eacute;cu,  rest&eacute;s fr&egrave;re et s&oelig;urs c&eacute;libataires. Elle a &eacute;t&eacute; ensuite reprise par Remy  Tamigneaux, fr&egrave;re d&rsquo;Odile, Julia, etc. </li>
<li>Les candidats &agrave; la vie  religieuse font d&rsquo;abord un &laquo;&nbsp;postulat&nbsp;&raquo; pendant lequel ils  &laquo;&nbsp;regardent&nbsp;&raquo; vivre la communaut&eacute;. S&rsquo;ils d&eacute;cident d&rsquo;entrer dans la  congr&eacute;gation, ils font un &laquo;&nbsp;noviciat&nbsp;&raquo;, temps d&rsquo;initiation &agrave; la  spiritualit&eacute; propre &agrave; l&rsquo;ordre religieux et &agrave; la vie communautaire, qui dure  entre un et deux ans. Apr&egrave;s quoi, ils font des v&oelig;ux (promesses)  &laquo;&nbsp;temporaires&nbsp;&raquo;, deux fois trois ans&nbsp;; puis ils prononcent leurs  v&oelig;ux d&eacute;finitifs, dits &laquo;&nbsp;perp&eacute;tuels&nbsp;&raquo;. </li>
<li>Je ne crois pas me tromper  en disant qu&rsquo;un des principes de cette congr&eacute;gation est que les religieuses ne  restent pas dans leur pays. On peut trouver des renseignements sur l&rsquo;Internet,  en tapant &laquo;&nbsp;Jeanne Jugan&nbsp;&raquo;, ou &laquo;&nbsp;La Tour Saint Joseph&nbsp;&raquo;,  etc. </li>
<li>Albert m&rsquo;&eacute;crit&nbsp;:  &laquo;&nbsp;J&rsquo;ai encore la visite int&eacute;ress&eacute;e d&rsquo;une s&oelig;ur l&rsquo;ayant connue &agrave; Malines et  je garde aussi le souvenir d&rsquo;y avoir rencontr&eacute; notre Tante, avant ou apr&egrave;s un  s&eacute;jour &agrave; Bruxelles rue Haute. Pour m&eacute;moire, ces religieuses venaient en son  temps &agrave; la chauss&eacute;e (de Louvain) avec une charrette &agrave; cheval, maintenant en  voiture&nbsp;!&nbsp;&raquo;</li>
<li>Ce ne sera pas la m&ecirc;me chose  en 1969&nbsp;: le b&acirc;timent de l&rsquo;hospice sera fort ab&icirc;m&eacute;&nbsp;; on l&rsquo;a alors  enti&egrave;rement entour&eacute; d&rsquo;un large couloir qui le ceinture compl&egrave;tement et sert de  &laquo;&nbsp;paseo&nbsp;&raquo;, et qui a compl&egrave;tement chang&eacute; la physionomie actuelle de la  construction. On ne peut plus gu&egrave;re se faire une id&eacute;e de l&rsquo;ancien couvent tel  que l&rsquo;a connu la tante Odile.</li>
<li>Je ne trouve pas  &laquo;&nbsp;sopaipilla&nbsp;&raquo; dans le dictionnaire espagnol, mais on voit bien que  c&rsquo;est une forme diminutive de &laquo;&nbsp;sopaipa&nbsp;&raquo;, beignet.</li>
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